A  la seconde moitié de septembre 2008, pendant que Henry Paulson (Ministre des Finances américain) se battait pour faire adopter son plan au Congrès américain, il avait demandé aux Européens d’élaborer un plan semblable. Ces derniers ont fait savoir qu’ils étaient à l’abri de tout problème, et qu’aucun plan européen n’était necessaire.

Mais l’histoire leur a donné tort. Comme un beau diable, M. SARKOZY (Président français) s’est demené pour mobiliser ses pairs européens pour agir vite pendant que les bourses degringolaient et que les banques étaient ménacées par une insuffisance de liquidités.
Finalement, les plans de relance ont été annoncés:

  1. Grande Bretagne: 636 milliards €
  2. Allemagne: 480 milliards €
  3. France: 360 milliards €
  4. Espagne : 100 milliards €
  5. Italie: 40 milliards €

Les marchés financiers ont salué ces plans, et la situation est en cours de normalisation.

Le 08 octobre 2008, les grandes banques centrales mondiales ont mené une action coordonnée de baisse de leurs taux directeurs de 50 points de base, c’est-à-dire 0,5%. Cette action visait à rassurer les marchés financiers que la crise est sous contrôle des pouvoirs publics. Ainsi, le taux directeur de la Réserve Fédérale (FED) est passé de 2% à 1,5% ; celui la banque centrale européenne (BCE) de 4,25% à 3,75% ; celui de la Banque d’Angleterre de 5% à 4,5%. La Banque du Japon a envoyé un message de soutien, mais n’a pas pu baisser sont taux directeur qui est déjà de 0,5%.

            On a envie de dire que cette action arrive un peu tard. Quand la crise annonçait ses couleurs, la FED a pris les devants pour rendre le coût de l’argent moins cher en baissant son taux directeur de 325 points de base. Les banques centrales des autres pays, ne se sentant pas concernées par ce qui se passait aux Etats-Unis, n’ont pas jugé utiles d’anticiper. La BCE est même allé jusqu’à augmenter son taux directeur de 25 points de base (le 02 juillet 2008) pour, annonçait-elle, lutter contre l’inflation ! 

            La crise des subprimes (prêts immobiliers à haut risque) est devenue une crise financière avant de transformer en crise économique. Comment cela est-il arrivé ? Quels sont les instruments dont disposent les banques centrales pour lutter contre une telle crise ? 

              1- De la crise des subprimes à la crise financière

             Tout part de la volonté des ménages américains à faible revenu de disposer d’une maison. Ils n’ont pas de garanties suffisantes pour obtenir des prêts immobiliers. Certaines structures financières sentent que c’est un marché qui peut s’avérer juteux si elles font des montages qui puissent permettre à ces clients potentiels d’avoir des mensualités faibles (du moins au début du remboursement). Le taux directeur de la FED à cette époques est faible (il est de 1% dans les années 2001). Rappelons que le taux directeur est le taux auquel les banques peuvent se refinancer à la banque centrale. Si ce taux est faible, les banques proposent les crédits aux taux faibles également. Bien qu’elles ajoutent un montant qui leur permet de couvrir les charges et de faire un peu de profit (ce ne sont pas des organismes de charité !).

            Les structures de financement des prêts immobiliers se sont mises à proposer des crédits à ces ménages à faible revenu et sans garantie solide. Ce qui ce ces structures n’ont pas dit clairement à ces clients, c’est que le taux d’intérêt sur les crédits était variable. C’est-à-dire que si la FED augmentait son taux directeur, cette hausse allait se répercuter sur les crédits. Donc, les tableaux d’amortissement allaient être constamment revus. C’est ce qui s’est passé finalement. De 1%, quand les premiers prêts étaient accordés, le taux directeur de la FED s’est retrouvé à 5,25%. Par ailleurs, une autre chose qui n’avait pas révélé aux clients étaient que les mensualités étaient volontairement faibles au début, mais allaient prendre l’ascenseur trois ans plus tard (les intérêts pouvant aller de 3% à 18% après 3 ans). Cela veut dire que même si la FED n’avait pas sensiblement augmenter ses taux directeurs, certains ménages allaient se retrouver défaillants. Les augmentations de la FED ont simplement amplifié (et mis au grand jour) un système qui était truqué dès le départ.

             Mais pourquoi la crise des prêts hypothécaires devient donc une crise financière ? Je voudrai vous rappeler quelque chose de simple pour les banquiers. Lorsque vous vous endettez et que vous sollicitez une durée longue de remboursement, le banquier se frotte les mains, parce qu’en fin de compte, les intérêts de votre prêt seront plus élevés. Les ménages à faible revenu s’endettent généralement à des périodes de 20, 25 voire 30 ans. Les mensualités sont faibles (pour ne pas les étouffer). Mais le total des intérêts payés est différent.  Si vous vous endettez pour 20 ans, les intérêts payés sont plus de 2 fois plus élevés que ci vous l’aviez fait sur 10 ans.

           Face à ces prêts « juteux », les banquiers ont transformé ces créances en titres négociables sur les marchés. Les fonds d’investissement se sont rués sur ces créances à haut risque mais à fort rendement. Les fonds spéculatifs (hedge funds) ne sont pas restés en dehors de ces titres. Cependant, certaines structures ont acheté ces titres sans savoir qu’ils contenaient des créances à haut risque. 

            Finalement, la bulle éclate parce que le marché de l’immobilier s’essoufflait. Les prix des maisons baissaient. Les ménages défaillants ne plus vendre leurs maisons à un prix leur permettant de rembourser le crédit. Toutes les structures engagées dans le système se sont retrouvées avec des créances compromises. 

            Enfin de compte, aucune banque ne pouvait plus savoir si sa consoeur avait des prêts subprimes dans son portefeuille. C’était la crise de confiance. Les banques ne se prêtaient plus entre elles sur le marché inter-bancaire. Les taux d’intérêts se sont élevés sur ce marché. Puis que la banque prêteuse ne sait si celle qui emprunte aura les moyens de rembourser à échéance. Soit elle refuse de prêter, soit elle le fait à un taux plus élevé. C’est comme cela que la crise est devenue une véritable crise financière. Dans un tel contexte, la Banque Centrale est obligée d’intervenir pour fournir des liquidités aux banques qui  en ont besoin.    

           2- Comment la crise financière devient elle une crise économique? 

            Le financement de l’économie s’effectue soit par les banques (intermédiation financière), soit par les marchés financiers (des-intermédiation financière).

            Quand vous deposez votre argent en banque, il dort pas dans les coffres de la banque en totalité. La banque l’utilise, soit pour financer ceux qui sont dans le besoin (généralement les entreprises, mais aussi vous et moi pour acheter une maison, une voiture, etc.). Mais, ceux qui ont déposé leur argent vont de temps en temps le retirer pour faire face à des depenses quotidiennes (ou ils donnent des ordres à leurs banquiers de regler leurs dettes). La banque peut donc se retrouver à court de liquidité. Dans ce cas, elle va sur le marché des banques, celui où les banques se pretent entre elles pour trouver de l’argent (marche inter-bancaire). Quand la confiance regne, elle prête généralement à un taux inférieur à celui de la banque centrale. Mais si la méfiance s’installe, comme pendant cette crise, aucune banque ne fait confiance à l’autre. Le système se grippe, la banque centrale vient au secours. Mais entre temps, comme les banques éprouvent des difficultés à se refinancer, elles réduisent les crédits qu’elles accordent aux particuliers et aux banques. 

            Les entreprises n’arrivent plus à produire plus, parce qu’elles n’ont pas d’argent pour financer de nouveaux investissements. Elles n’embauchent plus. Les particuliers ne peuvent plus acheter biens de consommation (voitures, cuisinières, etc.). Les commerçants voient leur chiffre d’affaires baisser. Au final, la consommation et les investissements baissent, entraînant la croissance économique à la chute. 

            Dans les marchés financiers, la confiance ne règne pas non plus. Tout le monde veut revendre ses actions. Le prix baisse, entraînant la chute des indices boursiers. Dans ce climat, les ménages qui disposaient d’actions qui valaient un certain montant se retrouvent avec des actions qui ont perdu de la valeur. Ils avaient l’impression d’être riches, maintenant ils ont le sentiment qu’ils se sont appauvris. Ils baissent également leur consommation. Et aucun investisseur n’est plus encouragé à mettre son argent dans une affaire. C’est la crise économique ! 

  • 3- Quels sont les moyens dont disposent les banques centrales pour y faire face? 

            Les banques centrales ont ce qu’on appelle dans le jargon économique les instruments de politique monétaire, qui sont principalement le taux directeur, les actions sur le marché monétaire (open market) et les réserves obligatoires.

             Elles manipulent le taux directeur à la baisse pour rendre le coût de l’argent moins cher aux banques. Ces dernières devraient donc aller répercuter cette diminution sur les prêts à accorder à leurs clients. Par ce canal, la banque centrale espère contribuer à la relance des investissements des entreprises et à la consommation des ménages. Mais, les effets prennent souvent du temps. Aux Etats-Unis, on estime qu’il faut 6 mois pour qu’un mouvement du taux directeur de la FED ait des effets sur l’économie réelle. C’est aussi un signal donné aux agents économiques de reprendre confiance à l’avenir et d’investir. D’où l’action concertée des banques centrales mondiales du 08/10/08. 

            Par ailleurs, la banque centrale pallie à l’insuffisance de l’illiquidité dans le secteur inter-bancaire en rachetant les créances des banques contre les espèces au marché monétaire. Quand vous attendez que la FED ou la BCE a injecté une somme dans les marchés, c’est pour permettre aux banques (qui ne se font plus confiance) de venir auprès de la banque centrale se refinancer. 

            La banque centrale peut aussi baisser le coefficient de réserve obligatoire. C’est-à-dire la quantité d’argent que les banques secondaires doivent obligatoirement déposer à la banque centrale. Cette action permet aux banques de disposer de suffisamment d’argent pour prêter aux demandeurs de crédit.

            Les banques centrales agissent sur les deux premiers instruments. Etant donné le retard dans l’effet concret des actions entreprises par les banques centrales dans l’économie réelle, c’est l’impact psychologique qui le plus rechercher. L’action coordonné des principales banques centrales donnera t-elle un signal fort aux acteurs économiques et financiers ? Rien n’est moins sûr. Le mal est déjà fait, il est peut être un tard.

Je mets à votre disposition une liste des banques et assurances qui ont été touchées par la crise des subprimes.

 

Date

Institutions en difficulté

Institutions acquéreuses

Montant

Pays d’origine

Observations

29/09/08

Wachovia

Wells Fargo

15,1 milliards $

USA

Avec la participation de la Federal Deposit Insurance Group

18/09/08

Washington Mutual

JP Morgan Chase

1,9 milliards $

USA

 

16/09/08

AIG: American Insurance Group

Trésor américain

85 milliards $

USA

Avec l’aide de la FED

15/09/08

Merrill Lynch

Bank of America

50 milliards $

USA

 

15/09/08

Leyman Brothers

Barclays (USA) & Nomura (Japon)

-

USA

Mise en faillite

07/09/08

Fannie Mae

Trésor américain

100 milliards $

USA

Avec l’aide de la FED

07/09/08

Freddie Mac

Trésor américain

100 milliards $

USA

Avec l’aide de la FED

16/03/08

Bear Stearns

JP Morgan Chase

236 millions $

USA

Avec l’aide de la FED

05/10/08

Fortis

BNP Paribas / Trésors Belge, Luxembourgeois et Neerlandais

14,7 milliards €

Belgique, France, Hollande

En partie nationalisé

05/10/08

Hypo Real Estate

Groupe de banques allemandes & Trésor allemand

50 milliards € ,soit 15 milliards € (Banques) & 35 milliards € (Trésor)

Allemagne

En partie nationalisé

03/10/08

Unicredit

Trésor italien

6 ,6 milliards €

Italie

Recapitalisation

01/10/08

Dexia

Trésors Belge, français et luxembourgeois

6,2 milliards €

Belgique, Hollande, Luxembourg

En partie nationalisé

19/09/08

Bradford & Bingley

Santander (Espagne)

612 millions €

Grande Bretagne

20 milliards £ cédés à Abbey (GB)

22/08/08

IKB: International Klein Blue

Lone Star (USA)

800 millions $

Allemagne

 

17/02/08

Northern Rock

Trésor anglais

-

Grande Bretagne

Avec l’aide de la Bank of England

18/09/08

HBOS (Halifax Bank of Scotland)

Lloyds TSB

15 milliards €

Grande Bretagne

Avec le soutien de la Bank of England

09/10/08

Yamato Life

(Loi des faillites)

2 milliards € de dette

Japon

Faillite

Le document au format pdf: crise-des-subprimes-banque

Le plan Paulson

6 octobre 2008

Le Plan Paulson original (traduit de l’anglais par nos soins)

 Proposition d’une loi autorisant le Trésor d’acheter les actifs liés aux prêts hypothécaires

 Section 1 : Titre abrégé.

 On pourra se référer à cette loi comme…………………………..

 Section 2 : Achats des actifs liés aux prêts hypothécaires.

 (a) Pouvoir d’acheter. – Le Secrétaire est autorisé à acheter, d’effectuer et de financer les engagements d’achat, aux termes et conditions déterminés par le Secrétaire, les actifs liés aux hypothèques détenus par toute institution ayant son siège aux Etats-Unis.

(b) Mesures nécessaires. — Le Secrétaire est autorisé de prendre toutes les mesures qu’il juge nécessaire pour appliquer les pouvoirs de cette loi, y compris, sans limitation : 

  • (1) nommer les employés ayant pour tâche d’exécuter les pouvoirs de cette loi et dans la limite des responsabilités définies;
  • (2) conclure des contrats, y compris ceux autorisés par l’article 3109 du titre 5 du Code des Etats-Unis, sans égard à toute autre disposition de loi concernant les contrats publics;
  • (3) designer les institutions financières qui agiront comme des agents financiers du gouvernement, et elles devront accomplir toutes les tâches raisonnables liées à cette loi comme étant des agents financiers du gouvernement comme il leur pourrait être demandé;
  • (4) mettre en œuvre toutes les mesures autorisées, sous la supervision du Secrétaire, d’acheter les actifs liés aux hypothèques et les obligations émises; et
  • (5) émettre toutes régulations et autres directives qui pourraient s’avérer nécessaires ou appropriées de déterminer les termes et appliquer les pouvoirs de cette loi.

 Section 3 : Considérations

Dans l’exercice des pouvoirs à lui accordés dans la présente loi, le Secrétaire doit prendre en compte les moyens pour : 

  • (1) assurer la stabilité ou prévenir les perturbations des marchés financiers ou du système bancaire; et
  • (2) protéger le contribuable.

 Section 4 : Rapports au Congrès

 Dans les trois premiers mois de l’exercice des pouvoirs accordés à la section 2 (a) , semestriellement par la suite, le Secrétaire fera un rapport aux Comités chargés du Budget, des Services Financiers, et les Voies et Moyens de la Chambre des Représentants et les Comités chargés du Budget, des Finances, des Banques, du Logement et des Affaires Urbaines du Sénat en respectant les pouvoirs accordés par la présente loi et en prenant en compte les éléments requis à la section 3.

 Section 5 : Droits, Gestion, Vente des actifs liés aux hypothèques 

  • (a) Exercice des droits. – Le Secrétaire pourrait, à tout moment, exercer les droits accordés dans le cadre des prêts hypothécaires liés à des actifs achetés en vertu de cette loi.
  • (b) Gestion des actifs liés aux hypothèques. – Le Secrétaire est habilité à gérer les prêts hypothécaires liés à des actifs achetés en vertu de cette loi, y compris les recettes et les risques de ce portefeuille.
  • (c) Vente des actifs liés aux hypothèques. – Le Secrétaire pourrait, à tout moment, sur les termes et conditions et à des prix déterminés par le Secrétaire, vendre, ou être partie prenante des prêts liés aux valeurs mobilières, des opérations de rachat, ou autres opérations financières en liaison avec les hypothèques liés aux actifs achetés en vertu de cette loi.
  • (d) Application de «Sunset» (Déclin) aux actifs liés aux hypothèques. – Le pouvoir du Secrétaire de détenir tout prêt hypothécaire acheté dans le cadre de cette loi avant la date de fin indiquée à la section 9, ou à acheter, ou à financer les prêts hypothécaires dont l’engagement était pris avant la date de fin indiquée à la section 9, n’est pas soumis aux dispositions de la section 9.

 Section 6 : Montant maximal des achats autorisés

 Les pouvoirs  du Secrétaire d’acheter les actifs liés aux hypothèques dans le cadre de cette loi sont limités à 700 000 000 000 $ (700 milliards de $), à ne dépasser sous aucun prétexte.

 Section 7 : Financement

 Aux fins des pouvoirs accordés dans le cadre de cette loi, et afin de faire face aux coûts liés à l’exercice de ces pouvoirs, le Secrétaire peut utiliser les recettes issues de la vente des valeurs mobilières émises en vertu du chapitre 31 du titre 31 du Code des Etats-Unis, et les fins pour lesquelles les valeurs mobilières ont été émises en vertu du chapitre 31 du titre 31 du Code des Etats-Unis, sont étendues pour inclure des actions autorisées par la présente loi, y compris le paiement des frais administratifs. Tous les fonds dépensés pour les actions autorisées par la présente loi, y compris le paiement des frais administratifs, devraient être jugés appropriés au moment de la dépense.

 Section 8 : Revue

Les décisions prises par le Secrétaire conformément à l’autorité de la présente loi sont non révisables et commis à la discrétion de l’agence, et ne pourraient ne pas être examinés par un tribunal de droit ou de tout autre organisme administratif.

 Section 9 : Fin de l’autorité

 Les pouvoirs permis dans cette loi, à l’exception de ceux accordés les articles 2 (b), 5, 7, seront terminés deux ans après la promulgation de cette loi.

 Section 10 : Augmentation de la limite prévue dans la loi sur la dette publique

 Le paragraphe (b) de la section 3101 du titre 31 du Code des Etats-Unis, est modifié par suppression de la limitation de dollars contenus dans cette sous-section et d’insérer à la place de celle-ci le montant de 11 315 000 000 000 $ (11 315 milliards de $).

Section 11 : Réforme des crédits

 Les coûts d’achats des actifs liés aux hypothèques en vertu de l’article 2 (a)  de la présente loi doivent être déterminés comme prévu dans le cadre de la Loi Fédérale sur la Réforme du Crédit (Federal Credit Reform Act) de 1990, selon les cas.

 Section 12 : Définitions

 Aux fins de la section, les définitions suivantes s’appliquent : 

  • (1) Actifs liés aux hypothèques: Le terme «actifs liés aux hypothèques» veut dire les hypothèques des maisons privées ou commerciales et les valeurs mobilières, les titres ou autres instruments qui sont basés ou ont un trait avec ces prêts hypothécaires, que dans chaque cas, ont une origine ou ont été délivrés avant le 17 septembre 2008. 
  • (2) Secrétaire: Le terme Secrétaire désigne le Secrétaire au Trésor 
  • (3) Etats-Unis: Le terme Etats-Unis: les Etats, les territoires et possessions des Etats-Unis et le District de Colombia.

 

Les modifications apportées par le Congrès 

  • 1) La garantie de l’Etat sur les dépôts des clients des banques passe de 100000 $ à 250000 $.

 

  • 2) L’Etat concèdera des crédits d’impôts d’un montant total de 149 millions $ aux américains de la classe moyenne et aux entreprises qui investissent dans les énergies propres ou qui utilisent des carburants alternatifs.

Le plan Paulson en format pdf: le-plan-paulson

Les mauvaises nouvelles ne font que s’accumuler. Après Fannie Mae et Freddie  Mac qui ont failli s’effondrer, voici venu le temps de Lehman Brothers et de AIG. Entre temps, les bourses européennes et asiatiques retiennent leur souffle. Comme quoi, “quand les Etats-Unis éternuent, le monde entier attrape la grippe“.

La crise financière, qui est née aux Etats-Unis et est entrain de se propager en Europe et dans les pays asiatiques, a mis au devant de la scène les banques centrales des pays concernés.

Commençons par la Reserve Fédérale américaine (FED).

De janvier 2007 à septembre 2008, la FED a baissé 7 fois son taux directeur pour apporter son soutien à une économie américaine qui montrait des signes de faiblesse. Son taux est parti de 5,25% à 2%, soit 325 points de base de baisse(*). En coordination avec la banque centrale  européenne (BCE), la FED a injecté des milliards de dollars en Août 2007, au début de la crise des subprimes, pour apporter des liquidités aux marchés monétaires. Elle s’est dit prête à injecter davantage, si le besoin se faisait sentir. Et le 16 septembre 2008, elle a de nouveau mis à la dispostion de AIG (American Insurance Group), une institution d’assurance qui était au bord du dépôt de bilan, 85 milliards de dollars. Entre temps, la FED a laissé couler Lehman Brothers, une banque d’affaires privé vieilles de près de 150 ans. Même le Trésor américain a refusé de mettre les fonds publics à la disposition d’une entreprise privée, comme il l’a fait une semaine plus tôt avec les deux plus grosses structures de prêts immobiliers (Fannae et Freddie, 100 milliards $ chacune). La banque centrale américaine a donné son aval pour les rachats de:

  • Merrill Lynch par Bank of America
  • Bear Stearns par JP Morgan Chase
  • Washington Mutual par JP Morgan Chase
  • Wachovia par (Citigroup?)

Elle a pesé de tout son poids pour l’adoption par le Congrès du plan Paulson, d’un montant de 700 milliards $. En outre, La FED a encouragé Goldman Sachs et Morgan Stanley (deux banques d’affaires dont le statut les excluait du financement au marché monétaire) de se transformer en holding pour obtenir des liquidités supplémentaires à la Banque Centrale américaine.

En agissant de la sorte, la FED a privilégié le soutien à la croissance par rapport à la lutte contre l’inflation. Car faut il le rappeler, les sommes injectées dans le système économique et financier ont un risque inflationniste élévé. Alors que les statistiques d’indice des prix américains laissaient dejà présagées le risque d’une augmentation de l’inflation.

En ce moment que faisait la BCE?

Le 20 mars 2008, le BCE a mis 15 milliards d’euros à la disposition du système bancaire européen. En Août 2008, elle a injecté 94,8 milliards d’euros dans le compartiment interbancaire, en coordination avec la FED.  Elle s’est dite prète à inonder les marchés inter-bancaires et monétaires de liquidités si le besoin se faisait sentir.

Mais les dirigeants de cette institution sont restés insensibles au risque de recession que courent les économies européennes, en augmentant plutôt le taux directeur de 4% à 4,25% en debut juillet 2008(**). La BCE a (et continue) privilégié la lutte contre l’inflation (qui pointe à 4%, alors que la cible européenne est de 2%). Il est vrai que l’accuité de la crise est plus accentuée aux USA, mais les pays européens ne sont pas déconnectés du marché américain, au contraire! Mais pourquoi, des réactions un peu différentes des deux plus grandes banques centrales?

D’abord, la profondeur de la crise est différente des deux côtés de l’Atlantique. La crise immobilière est née (et est plus sévère) aux Etats-Unis qu’en Europe. Seuls quelques pays européens sont réelement touchés (Irlande, Espagne, et recemment en France…). Mais le commerce extérieur des pays européens a pris un coup par la baisse de la demande américaine et l’appréciation de l’euro (l’Allemagne est la plus concernée). Ensuite, les deux banques centrales n’ont pas la même expérience. La FED a 95 ans pour un seul pays, alors que la BCE n’a que 10 ans pour 15 pays. La coordination des politiques est plus complexe à la BCE qu’à la FED. En outre, les missions des deux banques centrales ne sont pas les mêmes. La FED a pour missions principales la lutte contre l’inflation, le soutien à la croissance et la contribution au plein emploi aux Etats-Unis. Pendant que la BCE n’a qu’une seule mission à savoir la lutte contre l’inflation. Enfin, les deux banques centrales n’ont pas les mêmes préoccupations de leur monnaie sur les marchés des changes. La FED peut mener une politique de “benign neglect” (négligence bénigne) ou comme l’exprimait un ancien sécretaire d’Etat américain au Trésor “le dollar est notre monnaie, mais votre problème“. En fait, les Etats-Unis achètent et vendent en dollars au reste du monde. Ils n’ont pas vraiment un problème de change. Ce qui n’est pas le cas des européens qui sont confrontés aux problèmes de valeur de leur monnaie sur les marchés de change. Leur commerce extérieur se fait principalement en dollars amériacains (même si le commerce intra-europe représente près de 60% du commerce extérieur des pays européens).

Et les autres banques centrales dans tout ceci? Prenons le cas de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). Cette banque centrale gère une monnaie (Franc CFA) qui est arrimée à l’euro par une parité fixe (1€=655,957 F CFA). Sa politique monétaire est de ce fait alliénée à celle de la BCE. Toute action de politique monétaire de la BCE a un impact sur la politique monétaire de la BEAC. A titre d’exemple, courant 2008, la BCE a augmenté son taux directeur de 25 points de base. En juillet dernier, le comité de politique monétaire de la BEAC a décidé d’en faire autant. La situation économique réelle avait elle été prise en compte? S’il y avait un choix à faire entre le soutien de la croissance de la sous-région et la lutte contre l’inflation, qu’aurait fait le comité de politique monétaire?

Certes, la zone CEMAC court elle aussi un risque inflationniste. La question que l’on peut se poser est celle de savoir si une zone en proie au problème de (sous) développement peut se payer le luxe de privilégier la lutte contre l’inflation, au lieu de focaliser son attention sur la croissance.

En conclusion, le fait que les pays de la sous région en particulier et de l’Afrique en général soient quelque peu épargnés directement par la crise financière actuelle est le constat de leur déconnection et leur marginalisation des marchés financiers mondiaux. Leurs banques centrales suivent l’actualité financière avec intérêt certes, mais avec un léger détachement. Ces pays subissent les effets à travers les prix des produits alimentaires et de base, mais aussi et surtout les prix du baril de pétrole.

La FED est le maître du jeu, la BCE suit et les autres banques centrales s’adaptent, telle est la hiérarchie dans le monde économique et financier actuel.

(*) La FED a de nouveau baissé son taux directeur de 50 points de base. Il est de 1,50% depuis ce 10 octobre 2008.

(**) En concertation avec d’autres banques centrales mondiales (FED, Bank of Canada, Bank of England, Banque Nationale Suisse, Banque Centrale de Suède), la BCE a baissé (08/10/08) son taux directeur de 50 points de base, passant de 4,25% à 3,75% .

Au début de l’année 2008 (seconde moitié de l’année 2007), les Etats Unis ont été frappés par une crise des subprimes, dont les conséquences n’ont pas encore finis de se faire ressentir dans cette économie.
Faut-il le rappeler, les “subprimes” constituent des “sur-primes” que doivent payer  les agents économiques américains qui présentent moins de garantie pour (principalement)
acquerir un prêt immobilier. Ainsi, les primes de risque elévées appliquées à cette partie de la clientèle impliquent qu’à l’arrivée, ils se retrouvent à payer les traites beaucoup plus fortes
que les clients les moins risqués. Le système marchait tant que l’économie allait bien. Le client soumis au sur-prime pouvait, quand il est incapable de payer ses dettes, revendre sa maison à un prix qui lui permet de payer sa dette à la banque et parfois de faire un profit. Il peut se réendetter auprès d’une autre structure de prêt toujours aux mêmes conditions défavorables. Puis, la crise est arrivée. Les cleints sont devenus insolvables.
Ces derniers sont incapables de trouver des preneurs pour revendre leurs maisons, ou quand ils en trouvent, on leur propose des prix qui ne leur permettent pas de rembourser leurs prêts. Les clients ne remboursant pas aux prêteurs, ces derniers se
retrouvent avec des créances irrecouvrables (créances douteuses ou compromises). Ces structures entre temps ont vendu à d’autres strutures d’emprunt les créances de ces prêts, pour se couvrir d’une partie du risque (mutualisation du risque).
L’effet de chaine s’enclenche, où beaucoup de structures bancaires se retrouvent avec des créances douteuses: c’est le risque systémique du système bancaire parcequ’il manque de liquidité. D’où l’intervention du preteur en dernier ressort qui est la
Banque centrale américaine (Federal Reserve Bank ou FED).

Pour sauver le système bancaire américain, la FED a injecté des milliards de dollars, puis a fait appel aux autres banques centrales pour une action coordonnée.

Cette crise a entrainé la baisse du dollar vis-à-vis de l’Euro (près de 7% depuis le début de l’année 2008), et mécaniquement l’appréciation du F CFA (arrimé à l’Euro par une parité fixe de 1€=655,957 FCFA). Cette baisse du dollar
entraine un rencherissement du prix du baril du pétrole (progression de plus de 30% depuis le debut 2008), principal produit d’exporation des pays de la CEMAC

Mais en quoi cette situation peut influencer les économies de la CEMAC?

La crise des sub-primes peut influencer les économies de la CEMAC sous deux angles, à savoir par le commerce extérieur et l’inflation.

1- Par le commerce extérieur

Cinq  pays sur six (6) de la CEMAC sont exportateurs de pétrole. Seule la République Centraficaine n’est pas encore dans le club des exportateurs.
Un accroissement des prix du baril ameliorent les recettes budgétaires des Etats, surtout si la baisse du dollar est moins forte pour ne pas absorbé les gains sur l’appréciation du prix du baril. En effet, les cours du baril sont facturés en dollar américain.
A titre d’exemple, si les prix augmentent de 30% et le dollar baisse de 7% par rapport à l’Euro, le gain  en recettes d’exportation est de 23% (toutes choses égales par ailleurs). Cependant la RCA voit sa facture pétrolière s’alourdir du fait du rencherissement du prix du pétrole.

En outre, la baisse du dollar allège la valeur des importations en provenance de tous les pays dont la facturation se fait en dollars américains. Cette situation peut donc encourager les importations des pays de la CEMAC. L’effet économique est différent selon que ce sont des importations des biens de consommation ou des biens d’équipement. La meilleure hypothèse serait que les pays de la CEMAC en profitent pour effectuer des importations des biens d’équipement qui viendraient renforcer leurs capacités productives.
Les pays de la CEMAC exportateus de pétrole seraient donc doublement bénéficiaires par une croissance des recettes d’exporations et un allègement des importations libellées en dollars. Cependant une telle situation n’est pas sans conséquence sur l’inflation et la valeur extérieure de la monnaie.

2- Par l’inflation

Une abondance de recettes d’exportation se ressent par des excédents budgétaires qui peuvent pousser les Etats indisciplinés à lancer des grands projets. Ceux-ci augmenteraient la demande face à une offre insuffisante. C’est l’inflation qui naitrait dans ces conditions. En outre, le rappatriment des
recettes d’exportation par le canal bancaire accroit sensiblement la liquidité des banques, créant une situation de surliquidité, elle même provocatrice d’inflation.
Cette inflation peut aussi être importée à travers nos partenaires économiques européens. Les cours des hydrocarbures ont un impact sur les prix des biens. Une inflation née dans ces pays se repercutent dans les pays de la CEMAC par les importations.
Pour lutter contre cette inflation (d’origine interne ou importée), la Banque Centrale est obligée de resserrer sa politique monétaire par l’augmentation des taux directeurs et par l’accroissement des reserves obligatoires. Ces mesures visent à décourager les banques à octroyer des crédits qui alimenteraient les dépôts.
Ce sont ces dépôts qui sont une des composantes de la masse monétaire, dont une forte croissance entraîne l’inflation. Ainsi, en luttant contre l’inflation, la Banque Centrale restreint les crédits à l’économie qui pourtant sont créateurs d’emplois. On peut ainsi aboutir à une recession économique, du fait de la lutte contre l’inflation.

En conclusion, le comportement d’un client américain peut avoir des conséquences heureuses ou malheureuses sur un africain de la CEMAC à travers les relations économiques et monétaires directes et indirectes entre les Etats.

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