Les nouvelles ne sont pas bonnes pour les États. Les budgets publics ont pris du volume. Les marchés sont inquiets de la capacité des États à honorer leur signature. Que s’est-il passé? Pourquoi en est-on arrivé là? Les États peuvent-ils faire faillite?

Tout a commencé (ou presque) avec la crise des subprimes née aux USA en fin 2008. Les débiteurs des banques sont incapables de rembourser leurs dettes. Les banques étant reliées entre elles par les prêts qu’elles se font, elles commencent à avoir des difficultés d’honorer leurs engagements réciproques. C’est la crise des subprimes! En fait les banques ont donné des prêts aux clients peu solvables, et ont récupéré au passage des primes plus élevées pour le surcroît de risque pris. Quand on mettait les crédits en place, ce que les banquiers n’expliquaient pas aux débiteurs c’est que les mensualités allaient augmenter au fil des mois, au gré du tableau d’amortissement et des taux d’intérêt de la Réserve Fédérale (la Banque Centrale Américaine).

Ces risques pris par les banques prêteuses étaient ensuite vendues à d’autres banques. Quand la crise éclate, aucune banque ne fait confiance en l’autre. Car nul ne sait le degré d’exposition de l’autre. Si la banque A prête à la banque B, la banque A ne sait pas si à terme (dans un mois ou deux) elle rentrera en possession de son dû. C’est donc la crise de confiance qui a fait naître la crise financière. Les banques ne se prêtant plus entre elles, la banque centrale était obligé ed’intervenir pour apporter des liquidités sur le marché interbancaire, en permettant aux banques de venir emprunter chez elle, contre les actifs adossés sur les crédits hypothécaires (crédits dits pourris).

Entre temps, les deux principales sociétés étatiques qui géraient ces crédits immobiliers au premier chef sont au bord de la faillite (Fannie Mae et Freddie Mac). L’État est obligé d’intervenir pour ne pas laisser tout le système s’effondrer. Le même État intervient pour sauver les banques et les compagnies d’assurances. La facture est lourde. Aujourd’hui (01/02/10), le déficit budgétaire américain est de l’ordre $1.600 milliards, soit près de 10,6% du PIB (produit intérieur brut).

Ce scenario s’est répété dans la plupart des pays où les États ont été obligés d’intervenir en mettant l’argent public à la disposition des entreprises privées, quasi-privées ou publiques. Les déficits publics se sont creusés. A ce jour, les marchés financiers, qui ont été sauvés par l’argent public, sont en passe de punir les États dont les déficits sont jugés trop élevés!

C’est la situation des pays tels que la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande. La situation de la Grèce est beaucoup plus désespérante, puis que la prime de risque sur les oblations de l’État Grec est de près de 4% plus élevée que les obligations de l’État allemand (la référence). La Grèce refuse d’accepter l’aide du Fond Monétaire International. La semaine dernière, on évoquait la Chine pour racheter la dette grecque. Là aussi, le pays n’a pas confirmé les rumeurs. L’Union européenne, bien que réaffirmant son principe de ne pas secourir un pays en détresse, se tient tout de même prête à donner un coup de main aux grecs au cas où. Cependant, elle demande à l’État grec de mettre des mesures crédibles en œuvre pour réduire son déficit qui est situé à près de 12% du PIB, encore que les chiffres sont douteux.

D’où notre question: Un État peut-il tomber en faillite? Oui! s’il n’arrive plus à payer ses dettes à temps. Elle est déclarée en faillite. Dans un tel cas, sa signature est dégradée. Il doit payer plus cher quand il veut emprunter sur le marché financier (s’il y a encore accès).

Mais un État n’ira jamais en prison (physique). On le met dans une prison virtuelle. Il n’accède plus au marché. Il n’est plus crédible.

Afin d’éviter que ces cas n’arrivent, il vaut mieux être prudent dans les dépenses pendant les périodes de vache grasse, afin d’éviter de tomber dans l’abîme dans les périodes de vaches maigres. Il est à noter que les grands pays n’ont pas le même niveau de contraintes que les petits pays, bien qu’en ce moment, tout le monde est menacé, y compris les États-Unis (à qui la Chine a demandé de mettre de l’ordre dans ses finances publiques).

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