La chine doit-elle réévaluer sa monnaie?
30 mars 2010
Les États-Unis d’Amérique (USA) ne veulent pas lâcher prise: la chine doit réévaluer sa monnaie, le renminbi. Le déficit extérieur des USA bat tous les records. Pour le seul mois de décembre 2009, le déficit était de $ 40,2 milliards. Au même moment, la Chine bat les records d’excédent de son commerce extérieur, devenant le 1er exportateur mondial, devant l’Allemagne. Le 15 avril prochain, un rapport devrait sortir aux USA qualifiant la Chine de “Currency Manipulator” (manipulateur de monnaie). Cette dénomination rendra officielle la position des USA sur le fait qu’ils considèrent que la Chine laisse volontairement sa monnaie sous-évaluée pour booster ses exportations. Vous allons aborder le problème en quelques questions.
- La monnaie chinoise est-elle réellement sous-évaluée?
- La chine est-elle la principale cause des déficits américains?
- La réévaluation de la monnaie chinoise sera une solution?
- Que peut-il se passer si la Chine refuse obtempérer?
1- La monnaie chinoise est-elle réellement sous-évaluée?
Ce cas est moins courant. Pour répondre simplement, imaginons que la monnaie était supposée sur-évaluée. On remarquerait que le pays manque de devises étrangères pour faire face aux importations. De même, le pays connaîtrait un déficit extérieur important. Voici que la Chine est à l’opposé de ces deux situations. Non seulement elle a un stock de devises énormes , évalué à $ 2 400 milliards; mais également, ce pays a un excédent commercial plus que confortable. Ce qui nous amène à conclure que la monnaie chinoise est sous-évaluée.
Tous les analystes s’accordent sur ce fait. Mais de combien est sous-évalué le renminbi (couramment appelé yuan)? Deux thèses s’affrontent. Les économistes de Goldman Sachs estiment que cette sous-évaluation est de l’ordre de 0,4%. Alors que le FMI et la Banque Mondiale estiment que la sous-évaluation serait de 40%. Les méthodologies utilisées sont différentes.
Même certains responsables chinois appellent à une réévaluation du yuan, sans donner le niveau de sous-évaluation.
2- La chine est-elle la principale cause des déficits américains?
Pas vraiment. Les USA sont en déficit avec près de 90 pays, mais le déficit est plus élevé avec la Chine qu’avec tout autre pays.
Le déficit extérieur américain trouve sa cause dans la structure même de son économie: insuffisance d’épargne (privée et publique). Les américains épargnent peu, que ce soient les ménages que le gouvernement. Le déficit public est colossal. Ironie du sort, ce sont les chinois qui financent cette dette publique.
3- La réévaluation de la monnaie chinoise sera une solution?
Il est illusoire de penser que la réévaluation du yuan va réduire significativement le déficit américain. Si le mal est bien identifié, il vaut mieux s’y attaquer, au lieu de chercher des boucs émissaires. Les américains devraient apprendre à consommer moins et à épargner plus. Mais cette solution n’est pas applicable maintenant que l’économie est à bout de souffle et qu’elle a besoin de consommation pour relancer l’activité.
Les autorités chinoises plaident pour que l’escalade de la réévaluation s’arrête.
4- Que peut-il se passer si la Chine refuse obtempérer?
La Chine peut-elle céder à la pression américaine? Rien n’est moins sûr. Les Chinois ne réévalueront leur monnaie que s’ils estiment nécessaire. En fait, la Chine a intérêt à réévaluer sa monnaie pour combattre une inflation galopante. En outre, cela permettra aux importations de devenir moins chers, augmentant de ce fiait le pouvoir d’achat du chinois moyen. Même si dans le même temps, le secteur des exportations pourra en souffrir. Autant un déficit excessif n’est bon, autant un excédent excessif n’est pas soutenable à long terme.
Face à ces réticences, plusieurs économistes (y compris des prix Nobel comme Paul Kugman) demandent que les mesures de rétorsion soient prises à l’encontre de la Chine. Certains parlent de 25% de droits de douanes à appliquer aux produits chinois entrants aux USA, si la Chine ne réévalue pas sa monnaie. Mais beaucoup d’analystes estiment que les américains devraient aller de manière douce. Car les deux économies ont des intérêts communs.
Beaucoup d’exportations chinoises sont en fait des produits des entreprises américaines qui ont délocalisé en Chine pour profiter d’une main d’œuvre qualifiée et relativement moins chère.
La mondialisation était appelée de tous les vœux par les occidentaux (au premier rang desquels les américains). Ils croyaient qu’ils devaient être les gagnants sur toute la ligne. Mais le contraire serait-il entrain de se produire? En tout cas les deux géants mondiaux ont intérêt à s’entendre, pour leur bien et pour celui de l’économie mondiale.
Que sont les BRICs?
2 février 2010
1- Les BRICs?
Les BRICs sont les nouveaux pays en développement rapides: Brésil, Russie, Inde, Chine. D’où l’acronyme de BRIC.
Ce sont les pays qui sont à mi-chemin entre les pays développés et les pays sous-développés.
2- Que représentent-ils?
En 1980, ces quatre (4) pays représentaient 13% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial. En 2010, ils pèsent 24% du PIB mondial, soit une progression de 11% en 30 ans.
Par comparaison, les 7 pays les plus industrialisés du monde (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande Bretagne, Canada, Italie) représentaient 51% en 1980, ils ne pèsent que 40% en 2010, soit une régression de 11% en 30 ans.
NB: Les chiffres sont du FMI (Fond Monétaire International).