Les États-Unis d’Amérique (USA) ne veulent pas lâcher prise: la chine doit réévaluer sa monnaie, le renminbi. Le déficit extérieur des USA bat tous les records. Pour le seul mois de décembre 2009, le déficit était de $ 40,2 milliards. Au même moment, la Chine bat les records d’excédent de son commerce extérieur, devenant le 1er exportateur mondial, devant l’Allemagne. Le 15 avril prochain, un rapport devrait sortir aux USA qualifiant la Chine de “Currency Manipulator” (manipulateur de monnaie). Cette dénomination rendra officielle la position des USA sur le fait qu’ils considèrent que la Chine laisse volontairement sa monnaie sous-évaluée pour booster ses exportations. Vous allons aborder le problème en quelques questions.

  • La monnaie chinoise est-elle réellement sous-évaluée?
  • La chine est-elle la principale cause des déficits américains?
  • La réévaluation de la monnaie chinoise sera une solution?
  • Que peut-il se passer si la Chine refuse obtempérer?

1- La monnaie chinoise est-elle réellement sous-évaluée?

Ce cas est moins courant. Pour répondre simplement, imaginons que la monnaie était supposée sur-évaluée. On remarquerait que le pays manque de devises étrangères pour faire face aux importations. De même, le pays connaîtrait un déficit extérieur important. Voici que la Chine est à l’opposé de ces deux situations. Non seulement elle a un stock de devises énormes , évalué à $ 2 400 milliards; mais également, ce pays a un excédent commercial plus que confortable. Ce qui nous amène à conclure que la monnaie chinoise est sous-évaluée.

Tous les analystes s’accordent sur ce fait. Mais de combien est sous-évalué le renminbi (couramment appelé yuan)? Deux thèses s’affrontent. Les économistes de Goldman Sachs estiment que cette sous-évaluation est de l’ordre de 0,4%. Alors que le FMI et la Banque Mondiale estiment que la sous-évaluation serait de 40%. Les méthodologies utilisées sont différentes.

Même certains responsables chinois appellent à une réévaluation du yuan, sans donner le niveau de sous-évaluation.

2- La chine est-elle la principale cause des déficits américains?

Pas vraiment. Les USA sont en déficit avec près de 90 pays, mais le déficit est plus élevé avec la Chine qu’avec tout autre pays.

Le déficit extérieur américain trouve sa cause dans la structure même de son économie: insuffisance d’épargne (privée et publique). Les américains épargnent peu, que ce soient les ménages que le gouvernement. Le déficit public est colossal. Ironie du sort, ce sont les chinois qui financent cette dette publique.

3- La réévaluation de la monnaie chinoise sera une solution?

Il est illusoire de penser que la réévaluation du yuan va réduire significativement le déficit américain. Si le mal est bien identifié, il vaut mieux s’y attaquer, au lieu de chercher des boucs émissaires. Les américains devraient apprendre à consommer moins et à épargner plus. Mais cette solution n’est pas applicable maintenant que l’économie est à bout de souffle et qu’elle a besoin de consommation pour relancer l’activité.

Les autorités chinoises plaident pour que l’escalade de la réévaluation s’arrête.

4- Que peut-il se passer si la Chine refuse obtempérer?

La Chine peut-elle céder à la pression américaine? Rien n’est moins sûr. Les Chinois ne réévalueront leur monnaie que s’ils estiment nécessaire. En fait, la Chine a intérêt à réévaluer sa monnaie pour combattre une inflation galopante. En outre, cela permettra aux importations de devenir moins chers, augmentant de ce fiait le pouvoir d’achat du chinois moyen. Même si dans le même temps, le secteur des exportations pourra en souffrir. Autant un déficit excessif n’est bon, autant un excédent excessif n’est pas soutenable à long terme.

Face à ces réticences, plusieurs économistes (y compris des prix Nobel comme Paul Kugman) demandent que les mesures de rétorsion soient prises à l’encontre de la Chine. Certains parlent de 25% de droits de douanes à appliquer aux produits chinois entrants aux USA, si la Chine ne réévalue pas sa monnaie. Mais beaucoup d’analystes estiment que les américains devraient aller de manière  douce. Car les deux économies ont des intérêts communs.

Beaucoup d’exportations chinoises sont en fait des produits des entreprises américaines qui ont délocalisé en Chine pour profiter d’une main d’œuvre qualifiée et relativement moins chère.

La mondialisation était appelée de tous les vœux par les occidentaux (au premier rang desquels les américains). Ils croyaient qu’ils devaient être les gagnants sur toute la ligne. Mais le contraire serait-il entrain de se produire? En tout cas les deux géants mondiaux ont intérêt à s’entendre, pour leur bien et pour celui de l’économie mondiale.

Les nouvelles ne sont pas bonnes pour les États. Les budgets publics ont pris du volume. Les marchés sont inquiets de la capacité des États à honorer leur signature. Que s’est-il passé? Pourquoi en est-on arrivé là? Les États peuvent-ils faire faillite?

Tout a commencé (ou presque) avec la crise des subprimes née aux USA en fin 2008. Les débiteurs des banques sont incapables de rembourser leurs dettes. Les banques étant reliées entre elles par les prêts qu’elles se font, elles commencent à avoir des difficultés d’honorer leurs engagements réciproques. C’est la crise des subprimes! En fait les banques ont donné des prêts aux clients peu solvables, et ont récupéré au passage des primes plus élevées pour le surcroît de risque pris. Quand on mettait les crédits en place, ce que les banquiers n’expliquaient pas aux débiteurs c’est que les mensualités allaient augmenter au fil des mois, au gré du tableau d’amortissement et des taux d’intérêt de la Réserve Fédérale (la Banque Centrale Américaine).

Ces risques pris par les banques prêteuses étaient ensuite vendues à d’autres banques. Quand la crise éclate, aucune banque ne fait confiance en l’autre. Car nul ne sait le degré d’exposition de l’autre. Si la banque A prête à la banque B, la banque A ne sait pas si à terme (dans un mois ou deux) elle rentrera en possession de son dû. C’est donc la crise de confiance qui a fait naître la crise financière. Les banques ne se prêtant plus entre elles, la banque centrale était obligé ed’intervenir pour apporter des liquidités sur le marché interbancaire, en permettant aux banques de venir emprunter chez elle, contre les actifs adossés sur les crédits hypothécaires (crédits dits pourris).

Entre temps, les deux principales sociétés étatiques qui géraient ces crédits immobiliers au premier chef sont au bord de la faillite (Fannie Mae et Freddie Mac). L’État est obligé d’intervenir pour ne pas laisser tout le système s’effondrer. Le même État intervient pour sauver les banques et les compagnies d’assurances. La facture est lourde. Aujourd’hui (01/02/10), le déficit budgétaire américain est de l’ordre $1.600 milliards, soit près de 10,6% du PIB (produit intérieur brut).

Ce scenario s’est répété dans la plupart des pays où les États ont été obligés d’intervenir en mettant l’argent public à la disposition des entreprises privées, quasi-privées ou publiques. Les déficits publics se sont creusés. A ce jour, les marchés financiers, qui ont été sauvés par l’argent public, sont en passe de punir les États dont les déficits sont jugés trop élevés!

C’est la situation des pays tels que la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande. La situation de la Grèce est beaucoup plus désespérante, puis que la prime de risque sur les oblations de l’État Grec est de près de 4% plus élevée que les obligations de l’État allemand (la référence). La Grèce refuse d’accepter l’aide du Fond Monétaire International. La semaine dernière, on évoquait la Chine pour racheter la dette grecque. Là aussi, le pays n’a pas confirmé les rumeurs. L’Union européenne, bien que réaffirmant son principe de ne pas secourir un pays en détresse, se tient tout de même prête à donner un coup de main aux grecs au cas où. Cependant, elle demande à l’État grec de mettre des mesures crédibles en œuvre pour réduire son déficit qui est situé à près de 12% du PIB, encore que les chiffres sont douteux.

D’où notre question: Un État peut-il tomber en faillite? Oui! s’il n’arrive plus à payer ses dettes à temps. Elle est déclarée en faillite. Dans un tel cas, sa signature est dégradée. Il doit payer plus cher quand il veut emprunter sur le marché financier (s’il y a encore accès).

Mais un État n’ira jamais en prison (physique). On le met dans une prison virtuelle. Il n’accède plus au marché. Il n’est plus crédible.

Afin d’éviter que ces cas n’arrivent, il vaut mieux être prudent dans les dépenses pendant les périodes de vache grasse, afin d’éviter de tomber dans l’abîme dans les périodes de vaches maigres. Il est à noter que les grands pays n’ont pas le même niveau de contraintes que les petits pays, bien qu’en ce moment, tout le monde est menacé, y compris les États-Unis (à qui la Chine a demandé de mettre de l’ordre dans ses finances publiques).

En décidant hier de reformer les plus grandes banques, le président des Etats Unis a fait une déclaration que Wall Street a considéré comme la guerre. La bourse a immédiatement chuté. Mais le président américain n’est pas impressionné par cette réaction.

En gros, il est reproché aux (grandes) banques américaines d’avoir pris trop d’ampleurs, au point d’être trop grosse pour faire faillite (too big to fail). L’État américain se trouve prisonnière de ces grosses structures qui peuvent faire la pluie et le beau temps. Quand elles éternuent, l’économie toute entière attrape le rhume.

Les Américains sont pris en otage par les banques de Wall Street “, a déclaré le président américain. Il est donc question que les grosses banques diminuent leurs activités, en se spécialisant dans certains métiers: banques d’investissement, banques d’affaires, banques de détail, etc. pour avoir des tailles convenables. Ceci les rendrait mieux gérables. Et les prises de risques seront moins grandes. Car elles sauront que si elles se gèrent mal, elles feront faillite. L’Etat ne sera plus là pour les sauver.

Il est à rappeler que la crise économique actuelle est le résultat des prises de risques excessifs des banques à Wall Street, dont le crédo était que l’Etat ne les laisserait jamais tomber, car leur taille causerait un crise systémique (effondrement de tout le système bancaire). D’où les plans de sauvetage qui ont été élaborés pour éviter la faillite totale du système financier américain.

Cette prise de position est tellement pertinente que certains analystes pensent que la crise financière s’est aggravée quand le Trésor américain a décidé de laisser tomber Lheman Brothers.

Reste maintenant à savoir si la réforme ira jusqu’au bout. Car M. Obama est accusé de céder au populisme, après la défaite des démocrates dans l’État de Massachussets. Let’s wait and see what will happen (Attendons voir ce qui va arriver).

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.