Surliquidité des banques dans la CEMAC et rationnement du crédit aux PME : que faire face à ce paradoxe ?
20 août, 2008
Je mets à votre disposition le powerpoint d’une conférence que j’ai animée à l’Université de Ngaoundéré au Cameroun en Juin 2008.
Merci de laisser vos commentaires et/ou de poser les questions pour enrichir le document.
La parité € – F CFA pose t-il problème?
9 octobre, 2007
Hier soir, j’ai lu avec intérêt l’interview d’un dirigeant monétaire africain qui explicait que la dévaluation du franc CFA n’était pas à l’ordre du jour. Car a t il expliqué, les avoirs extérieurs sont abondants (95% de taux de couverture extérieure de la monnaie), l’inflation est maitrisée et tous les indicateurs macroéconomiques sont au vert.
Je me permets quand même de m’inscire en faux face à ce discours “monétairement” excellent mais “écnomiquement” trompeur.
La parité du F CFA et l’euro pose problème pour les économies de la zone franc à moyen et long terme.
Les avoirs dont il est question sont le fait des exportations du pétrole de certains états au moment où les cours du baril sont au plus haut. Ce stock de devises est entièrement tributaire des productions du pétrole et du prix du baril . Il suffit qu’il y ait un shock à la baisse des prix et le discours changera.
La maîtrise de l’inflation dont il est question est tout de même surprenante quand on voit la flambée des prix sur les marchés. Nous aimerons bien savoir sur quel panier des biens est calculé l’indice des prix à la consommation dans un pays comme le Cameroun.
Parlant de ce pays, son industrie embryonnaire est proche de l’axphysie à cause des produits nigérians et chinois ( pays qui partiquent ouvertement le dumping monétaire). Abstraction faite de la fraude douanière, les produits provenant de ces pays sont plus compétitifs sur le marché camerounais que les produits made in cameroon. Un coup de pouce monétaire ne serait pas le mal venu pour l’industrie camerounaise.
La diversification des économies de la sous région Afrique Centrale que les observateurs appellent de tous les voeux ne sera pas sérieusement envisageable si la parité reste figée comme c’est le cas actuellement. Il est temps que soit envisagé une nouvelle politique de change pour les pays de la zone franc. Ces économies ne tiendront pas longtemps dans un contexte international marqué par les déficits jumeaux américains (déficit budgétaire et commercial). Le dollar restera vraisemblablement à la baisse face à l’euro pendant des mois encore, voire des années. Une situation qui arrange les Etats -Unis pour réduire le déficit commercial colossal vis à vis de ses principaux partenaires commerciaux.
Pendant ce temps, les économies de la zone franc souffrent du manque à gagner en franc cfa des recettes d’exporataion libéllées en dollar, et des pertes des parts de marché sur les quelques produits pour lesquels ils pouvaient avoir des avantges comparatifs (cacao, café, coton, etc.) dus à la perte de compétitivité des économies ayant une monnaie forte ( FCFA). Plus grave, ils sont concurencés avantageusement sur leurs propres marchés par les produits venus des économies dont le maniement de l’arme monétaire ne souffre pas de tant de rigidités!
Malgré les dénégations intempestives, une dévaluation du Franc CFA serait salutaire pour les économies ayant un tissu industriel à protéger comme le Cameroun et la Côte d’Ivoire.
Les révisions de la parité devraient être fréquentes afin d’absorber les chos extérieurs en douceur, au lieu d’attendre une accumulation, comme cela a été le cas en 1994; et cmme ce sera certainement le cas quand toutes les autorités monétaires n’auront plus de subterfuges.
La parité actuelle est un problème et il faudrait trouver une solution maintenant pour anticiper les dégats d’une correction brutale. A bon entendeur…
L’hyperinflation
22 mai, 2007
“Imaginer que votre loyer double toutes les deux semaines!”, c’est avec ces propos qu’un ancien gouverneur de banque centrale tentait d’expliquer à son auditoire ce que c’est que l’hyperinflation.
L’hyperinflation est une hausse exagérée des prix des biens et des services. Dès qu’une économie enregistre un taux d’inflation mensuel supérieur à 50%, elle est entrée dans la phase d’hyper inflation. Cette situation est causée par une crétaion monétaire sans contôle. C’est généralement l’Etat, pour faire face à des dépenses (de souveraineté, comme en période de guerre), qui est obligé de demander à la banque centrale de fabriquer les billets de banque sans aucune contrepartie. En période de paix, quand un Etat n’arrive pas à collecter assez d’impôts pour couvrir ses dépenses, elle recourt à création monétaire ex-nihilo. L’hyperinflation est aussi causée par une insuffisance de production des biens et services dans une économie.
Ainsi, l’économie entre dans un cycle vicieux, où les consommateurs se debarrassent rapidement de leur argent pour se prémunir de la hausse des prix, et les producteurs (ou les commerçants) ne veulent pas vendre tout de suite pour profiter de la hausse des prix. Les gens demandent des salaires plus élevés pour faire face à la hausse des prix. Il y a plus d’argent en circulation, alimentant la hausse des prix. C’est un course sans fin.
Il existe plusieurs cas d’hyperinflation dans l’histoire récente:
Quand la crétion monétaire n’obéit pas aux règles, la monnaie devient un danger pour l’économie. Car l’hyperinflation detruit l’économie, et fait perdre toute la confiance en la monnaie nationale. Tout le monde cherche alors une monnaie refuge (dollar, euro, yen…).
Si vous êtes fauché, ne demander pas à la banque centrale de créer de la monnaie sur aucune base. Vous savez déjà à quoi cela peut aboutir!
La zone franc (1)
22 mai, 2007
La zone franc a été créée par la France en 1939. C’est le ministre français des colonies Albert Sarrault qui, dans le souci de créer un espace protectionniste basé sur un tarif douanier extérieur commun aux différents territoires, a inventé cette zone. Afin de relancer l’acivité économique et l’emploi en France, les colonies devaient fournir de nouveaux débouchés et un surcroît de matières premières aux entreprises métropolitaines.
Il a été mise en place une nouvelle réglementation interdisant toute opération financière ou commerciale entre l’Empire français et l’extérieure. Cette protection visait alors à organiser une sorte d’autarcie: les ressources coloniales devaient être mobilisées au seul profit de la France.
Après la 2è guerre mondiale, pendant laquelle les français ont fortement utilisé la planche à billets (création ex-nihilo de la monnaie i.e. sans contrepartie), ils sont contraints de dévaluer le franc français pour se conformer aux nouveaux accords du Système monétaire international, signés à Bretton Woods en juillet 1944. Mais elle laisse inchangée la valeur des francs des colonies françaises d’afrique: “franc CFA”. C’est le 1ere fois que l’expression franc CFA est utilisée.
La zone franc regroupe les 14 pays africains ayant en partage le franc CFA, auxquels il faut ajouter les Comores avec le franc Comorien. Madagascar est sorti de la zone pour créer sa propre monnaie.
En Afrique de l’ouest, 8 pays utilisent le franc de la Communauté Financière Africaine qu’émet la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Ces huit pays sont: La Guinée Bissau, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Burkina Faso, le Niger, le Benin et le Mali.
En Afrique centrale, 6 pays utilisent le franc de la Coopération Financière Africaine qu’émet la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). Ces six pays sont: La Guinée Equatoriale, le Cameroun, le Gabon, le Tchad, le Congo et la République Centrafricaine.
Dans son histoire le franc CFA n’a été dévaluer qu’une seule fois, le 12 janvier 1994. Sa valeur qui était de 1 FF = 50 FCFA est devenue 1 FF = 100 F CFA. Pour la cotation au certain, le F CFA a été dévalué de 50%, car avant la dévaluation, 1 F CFA = 0,02 FF. Après la dévaluation, 1 F CFA = 0,01 F CFA. Mais la dévaluation a été de 100% pour la cotation à l’incertain.
Aujourd’hui, le franc CFA est arrimé à l’euro pour 1 EUR = 655,957 F CFA.
La monnaie (2) : création monétaire
28 mars, 2007
Mes amis m’interpellent souvent sur le fait que les gens n’ont pas d’argent, mais comment se fait il que la Banque Centrale ne créé pas l’argent pour distribuer à ceux qui en ont besoin ?
Je leur réponds souvent que si la Banque Centrale créait l’argent comme il le pense, on se trouverait à la situation de l’ex Zaïre (Congo Démocratique) où il fallait une brouette de billets de banque pour acheter du pain !!!
Juste pour dire que la création monétaire obéit à quelques règles simples que je vous expliquerai dans les lignes qui suivent.
Notons que deux principales institutions peuvent créer de la monnaie : les banques secondaires (commerciales ou d’investissement) et la banque centrale.
1-Quand une banque vous accorde un crédit, elle crée de la monnaie. Car votre compte est crédité et vous avez la possibilité de tirer un chèque ou de demander qu’on vire cet argent dans le compte d’une autre personne (à qui vous devez de l’argent par ex.). Inversement, quand vous remboursez le crédit, vous détruisez de l’argent. Votre compte est débité et vous n’avez plus la possibilité de retirer l’équivalent du montant remboursé.
2-Si vous avez une devise étrangère (le dollar, l’euro, la livre sterling ou le yen) et vous vous présentez à votre banque pour avoir l’équivalent dans votre monnaie locale, vous participez à la création de la monnaie. La banque qui vous change cet argent créé la monnaie locale. Donc si vous avez des euros et vous les changez pour avoir des francs CFA, votre banque crée les CFA qu’elle vous remet. A contrario, quand vous demandez la monnaie étrangère ($, €, etc.) en contrepartie de la monnaie nationale, votre banque, en vous faisant le change, détruit la monnaie locale.
3-Quand la Banque Centrale prête à l’Etat une somme d’argent, c’est de la création monétaire. En général, les prêts que la Banque Centrale fait à l’Etat sont conventionnés. Afin d’éviter que le Chef de l’Etat se lève un beau matin et demande au gouverneur de la Banque Centrale de créer de la monnaie parce qu’on doit payer les fonctionnaires.
Dans le cas de la zone CFA, la Banque Centrale ne prête à l’Etat que 20% des recettes budgétaires d’origine intérieure de l’exercice budgétaire précédent. Cela veut dire que si en 2006 l’Etat a collecté les impôts et autres taxes à concurrence de 1 000 000 FCFA, la Banque Centrale mettra à sa disposition 200 000 FCFA de prêts en 2007. Donc toute l’année 2007, l’Etat aura un plafond d’emprunt de 200 000 FCFA. S’il « mange » avec les 200 000 FCFA en début d’année, et il n’a plus d’argent à la fin de l’année, il peut pleurer comme il veut, la Banque Centrale ne lui donnera plus un franc de plus.
Voilà simplement dit les règles essentielles qui régissent la création monétaire par les institutions bancaires.
Si ces règles ne sont pas respectées, il arrivera ce qui arrive souvent au pays qui font le désordre : l’hyperinflation.
Je vous en dirai plus dans une autre fiche.
La monnaie (1)
28 mars, 2007
Nous l’utilisons tous les jours. Mais elle demeure un mystère pour nous. Communément, nous parlons d’argent. C’est normal quand elle est dans nos poches.
La monnaie est un instrument qui nous permet d’obtenir les biens et les services dont nous avons besoin. Les économistes définissent souvent la monnaie par ces fonctions, qui sont au nombre de trois:
1- elle est l’intermédiaire des échanges. La monnaie nous évite de faire le troc.
2- elle est une unité de compte. vous savez combien vous devez payer (ou on doit vous payer). Dans la zone franc, je dirai que je dois payer 100 F CFA. Dans la zone euro, on dira que Bernard me doit 100 €. un americain parlera de 100 $.
3- elle est une réserve de valeur. Je dispose de 100 F CFA . Je dépense 50 F CFA aujourd’hui et je dépenserai 50 F CFA plus tard, sans qu’il n y ait perte de valeur nominale.
Dans la prochaine fiche, je vous parlerai du processus de création de la monnaie.