La fin des années 1980 marque le debut d’une longue crise économique et financière pour la plus part des pays africains. Face à la crise des balances des paiements, ces pays ont fait appel au Fonds Monétaire International (FMI). Ce dernier pour prêter ses fonds à ces pays qu’il considérait comme mal gérés, avait exigé que des reformes structurelles soient d’abord menées. C’est ainsi qu’est apparu une institution soeur à savoir la Banque Mondiale pour coordonner les reformes sectorielles.  Ces deux institutions sont plus connues sous le vocable des institutions de Bretton Woods.

Ces institutions ont préconisé principalement la libéralisation des marchés et la privatisation des entreprises étatiques qui étaient “budgétivores”. Le FMI et la BM ont recommandé la réduction du rôle de l’Etat dans l’économie. Une extension et une application du précepte du Consensus de Washington (conçu pour les pays de l’Américque latine). Ce fut alors une abérration qui n’a été acceptée que parce que les Etats, surendettés et mendiants des ressources extérieures, ne pouvaient pas aller contre les désidérata des bailleurs de fonds. Le résultat a été singlant: un échec social total. Les mêmes institutions sont revenues recommander que l’Etat reprenne du poil de la bête. On a alors parlé de “mieux d’Etat” et non “moins d’Etat”.

Dans l’histoire de la pensée économique, il n’est enseigné nulle part qu’un pays s’était developpé sans la présence économique de l’Etat. Les préceptes libéraux qui sont imposés aux pays africains (encore sous developpés) sont une erreur qui aura des conséquences sur plusieurs décennies.

L’actualité recente montre que même dans l’économie la plus développée du monde, les Etats Unis, l’Etat a toujours à jouer un rôle prédonérant. Déjà en septembre 1998, le fonds spéculatif Long Term Capital Managment (LTCM) qui s’était sur-exposé dans les pays émergents, est sauvé par la banque centrale américaine (FED). Plus recemment en mars 2008,  la banque d’affaires privé Bear Stearns est sécourue par le Trésor américain de la banque route. Le 7 septembre dernier, Fannie Mae et Freddie Mac, les deux organismes qui détiennent ou garantissent pas loin de la moitié des prêts hypothécaires américains sont mis sous tutelle du Trésor public. Le 16 septembre 2008, l’assureur AIG (Americain Insurance Group) est sauvé de la failllite par le même Trésor américain.

Nous ne revenons pas sur toute la panoplie de mesures prises par le gouvernement américain pour protéger tel ou tel secteur d’activités (très souvent au détriment de la libre concurrence sur les marchés internationaux). Les producteurs de coton africains en savent certainement quelque chose.

Notre propos est de faire prendre conscience du fait que la politique actuelle menée par beaucoup d’Etats africains sous assistance du FMI et de la BM ne peut pas les conduire à une avancée quelqconque sur le véritable chemin du dévelopement. Les Etats africains ont péché par leur jeunesse (moins de quarante ans d’indépendance) . Ceci a eu pour conséquence plus de deux décennies de perdu dans les ajustements qui ont détruit bien de tissus sociaux et engendré la corruption dans beaucoup de pays.

Il est peut être temps que les Etats reprennent en main leur destin économique, en élaborant des plans de development, quite à demander l’assistance financière des institutions prêteuses dans les conditions qui ne mettront pas à mal leur contrôle sur leurs orientations prioritaires. L’Etat restera toujours le moteur du développement économique, les pays d’Asie et la Chine en sont la preuve. Et les Etats-Unis démontrent face à la crise financière que l’Etat sera toujours le dernier recours en situation de crise.

La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a organisé, du 1er au 03 octobre 2007, à Librevile (Gabon) un Forum sur “la diversification et la promotion de l’investissement non pétrolier en vue d’une croissance forte et durable dans la CEMAC” Je vous livre ici les  recomandations qui ont été formulées, nous les commenterons plus tard:

 1) Le renforcement du cadre macroéconomique
   * accélerer les réformes structurelles en opérant les choix judicieux et réalistes des secteurs et/ou des produits à diversifier et poursuivre la rigueur au plan des politiques budgétaires et de la gestion des revenus;
  * mettre en oeuvre une politique monétaire active de gestion de la surliquidité et des réserves de change;
  * renforcer le cadre institutionnel national et régional, notamment l’accroissement des moyens de la surveillance multilatérale et une meilleure coordnation des politiques monétaire et budgétaire.

2) La consolidation de la compétitivité extérieure

   * réduire d’une part les coûts des facteurs, en particulier l’allègement des procédures administratives et du coût du crédit,
   * la résorption du déficit énergétique et la réaménageent du tarif extérieur commun,
   * améliorer d’autre part la présentation et la qualité des produits.

3) Le renforcement de l’intégration régionale et le développement des infrastructures de base

   * rendre effective la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux, y compris le passeport CEMAC et la matérialisation du projet AIR CEMAC;
   * accélerer la construction et la mise en place des infrastructures de qualité, efficaces, diversifiées et cohérentes;
   * définir une stratégie régionale de communication.

4) L’amélioration  de la formation, de la recherche, de l’innovation

   * développer une vision CEMAC de l’enseignement technologique universitaire par la création d’une zone franche universitaire à vocation sous-régionale, en particulier la création d’une université sous-régionale des sciences et technologies

5) Le renforcement de la gouvernance et du climat des affaires

   * renforcer la sécurité juridique et judiciaire des investissements, et élaborer une charte de la bonne gouvernance des affaires;
   * circonscrire le rôle de l’Etat, en plus de celui de régulateur, à celui de facilitateur/catalyseur et de bâtisseur,
   * rendre opérationnelles la BVMAC (Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique Centrale) et la DSX (Douala Stock Exchange) et oeuvrer pour leur unification et mener des actions de sensibilisation en vue de vulgariser la culture boursière.

6) La mobilisation des ressources financières pour le développement

   * renforcer la capital de la Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale pour accroître ses moyens d’intervention et de diversifier les instruments et les modes de financement, notamment l’accélération du projet d’emssion des titres publics, le développement des sociétés de capital risque et la mise en palce des structures d’accompagnement et des fonds de garantie pour les PME/PMI

Il y a quelque temps, un ami banquier m’a invité à déjeuner. Pendant le repas, je lui ai posé la question que tout le monde se pose: pourquoi les banques ne financent elles pas l’économie camerounaise alors qu’elles debordent de liquidité? (La banque dans laquelle travaille cet ami est une filialle d’une banque étrangère). Sans soucier, il m’a raconté ceci en guise de reponse:
” Je venais de commencer de travailler, et c’est une des questions que je me posais quand je discutais avec des aînés de la banque. Lors d’une réunion, nous avons decidé de porter le problème au siège, à savoir obtenir l’autorisation de financer les projets camerounais. Le boss est revenu du siège avec l’accord de selectionner 10 bons projets, de les financer et suivre. C’est alors que nous nous sommes mis à la tâche.
Surprise! Nous avons été incapables de dénicher 10 projets présentables. Nous en avons selectionné que 5! Les projets ont été financés. Au moment où je vous parle, tous ces dossiers sont en recouvrement!
En d’autres termes, les promoteurs n’ont pas honorés les traites, nous sommes obligés de négocier avec eux pour les remboursements. Nous négocions parce que nous ne pouvons pas leur porter plainte. Une procédure judiciaire risque de coûter plus cher que les intérêts escomptés. Il ne faut surtout pas compter sur la justice camerounaise pour ce genre d’histoires.
Aujourd’hui,  personne n’ose parler de financer les projets camerounais. Nos frères nous ont “déposés”. C’est triste mais c’est cela la réalité”.

J’ai demandé à mon ami ce qui s’était passé pour que les cinq personnes fassent défaut. Il m’a repondu que la plupart ont cru bon de diversifier leurs activités dès qu’ils ont reçu de l’argent, en oubliant qu’il y a toujours un coût d’entrée dans un nouveau seteur. Un autre s’est engagé dans la “mauvaise politique” en supportant un parti d’opposition…

Quelques jours plustard, alors que je me rendais au village, j’ai rencontré un ancien camarade de collège qui dirigeait une structure de micro finance. Lors de notre conversation, il m’a fait comprendre que l’activité mordait, et qu’ils étendaient leurs activités dans beaucoup d’arrondissement du centre, du sud et du littoral. Je me suis rejoins de l’avenue des structures de microfinances dans le financement de l’économie cameorunaise. Même s’il partageait un peu mon enthousiasme, il m’a dit quelque chose qui m’a refroidi.
“Mon cher calvin, nous ne finançons pas le projet, nous finançons la garantie présentée par le débiteur!”
En d’autres termes, étant donné que nous n’avons pas les moyens de suivre le projet comme une banque classique pourrait le faire, nous faisons une analyse sommaire du projet à financer, mais ce qui nous intéresse le plus, ce sont les garanties que tu présentes à savoir , un titre foncier, des bulletins de paie, etc.

Sommes nous vraiment sorti de l’auberge? Un débrouillard peut il trouver un fianancement pour monter une petite affaire?  Que faire pour financer l’économie, au moment où nous cherchons la croissance pour réduire la pauvreté?

Ces questions restent en supens, et je voulais simplement les partager avec vous.

C’est la question que m’a posé un ami sérieusement inquiet dans l’incursion des chinois en Afrique. Je lui ai demandé de me donner d’abord son avis avant que je ne me prononce. Voici, ces griefs contre les chinois:
1) Ils ne transferent pas leur technologie
2) Les travaux qu’ils effectuent ne profitent pas aux africains en termes de main d’oeuvre (ce sont les chinois qui sont les manoeuvres dans leurs chantiers)
3) Ils ne se préoccupent pas des droits de l’homme dans les pays où ils apportent leur aide
4) Leurs produits sont de mauvaise qualité
5) Ils réendettent l’Afrique au moment où les efforts sont faits par la communauté internationale pour libérer ce continent du fardeau de la dette!

Je suis ahuri par la naïveté dont font preuve les africains dans leurs relations avec l’extérieur. Je suis choqué par le fait des intellectuels africains se laissent prendre dans le lavage de cerveau qui est en cours en Occident contre les chinois.
après près de 50 ans d’indépendance, l’Afrique a de la peine à mettre en oeuvre une vision de son developpement, de réunir les ressources pour le faire, et de s’allier  avec des partenaires pour atteindre ces objectifs.
Le niveau de developpement de la plupart des pays africains laissent à désirer. La présence ostensible des chinois en afrique a à peine 5 ans d’age. Entre temps ce sont les occidentaux qui étaient là. Voici point par point mon point de vue sur les griefs de mon ami contre les chinoois.
1) Le transfert de technologies n’est pas un don. Il se négocie lors des appels d’offres dans la réalisation des marchés. le maitre d’oeuvre doit veiller au strict respect de cette close qui doit être promordiale. C’est ce que les chinois ont fait avec les entreprises occidentales. C’est pour cela qu’ils sont capables de tout pirater. C’est vrai qu’il y a les rapports de force qu’il faut gérer, qui sont généralement à la defaveur des africains, mais il faut y penser et obtenir le maximum que l’on peut.
2) Encore une fois les closes doivent être claires dans les appels d’offres, sur le pourcentage de nationaux minimum à des poste de travail. Mais quand une nouvelle entreprise s’installe, il y a lieu de négocier l’aspect emploi des nationaux à certains postes techniques (après un certain nombre d’années de vie de l’entreprise sur le territoire national). Ceci n’est pas une spécialité chinoise, les occidentaux n’ont pas fait davantage pendant 45 ans.
3) Les droits de l’homme sont une notion vague dont l’interprétation se fait à la tête du client. Quel traitement pour le zimbabwé, et quel traitement pour la Birmanie?
4) Les chinois produisent en fonction du pouvoir d’achat. Ce dernier est faible en Afrique et ce sont les hommes d’affaires africains qui partent faire des commandes en Chine pour les produits devant être vendus dans leurs pays respectifs.
5) Ce ne sont pas les chinois qui ont d’abord endetté l’Afrique. C’est l’occident avec ces aides de complaisance dans les pays où reignaient les dictatures et la corruption, mais où ils fermaient les yeux parce que la clique au pouvoir leur permettainent d’exploiter les matières premières à vil prix.

Je ne suis pas pour les chinois, mais de grace, gardons la tête froide et voyons où sont nos interêts.

C’est une question que m’a posé un étudiant l’autre jour. Je lui ai demandé de me donner son opinion et je devais donner la mienne.
Sans soucier, il m’ a dit qu’il pensait que c’était un outil de domination. Je lui ai demandé pourquoi il le pensait ainsi. Il m’a repondu que nous n’avons pas notre propre monnaie, et que nos reserves sont deposées au Trésor français qui en dispose comme il voulait.
Nous étions ainsi en plein à beaucoup d’idées reçues qui circulent à propos de la zone franc et du franc CFA.
A cet étudiant, j’ai demandé de me citer les pays africains non zone franc qui avaient vraiment decollé du fait de leur non appartenance à la zone franc. Il a eu du mal à trouver un pays qui fait vraiment la différence à quelques exceptions près du Nigéria ou du Ghana, ou encore le Botwana…
A l’intérieur de la zone franc, les différences de developpement sont elévés, Abidjan et Ouaga, quelle ressemblance? Douala et Bamako?
Je ne suis pas un défenseur de la zone franc, mais je dis que nous devons éviter de trouver des raisons de notre retard sur cet instrument que nous n’avons certes pas créé ni choisi librement d’y appartenir, mais qui a certains avantages que nous n’avons pas exploité, et que nous continuons à ne pas exploiter.
Je ne serai pas long, mais j’ai posé quelques questions à mon cher étudiant e je partage avec vous.
1- le fait d’avoir un compte d’opértaions au trésor français nous empêche t il de faire nos importations?
2- le franc CFA n’est impose t il l’importaion des biens de consommmation en lieu et place des biens de production?
3- les 35% des devises gérées par la BEAC produisent ils plus que le compte d’opérations (qui est remunéré)?
Le problème des africains de la zone franc est peut être celui de la zone, mais cette zone nous donne beaucoup d’avantages que nous exploitons mal!
La stabilité du change donne un avantage énorme en termes de diminution des coûts de transaction, de possibilité d’importer sans risque de change, etc.
Nous devons dons priviligier l’importation des biens de porduction pour transformer la structure de nos  économies.
Mais nous avons plutôt sombrer dans la facilité pour importer les voitures de luxe, des vestes, des liqueurs et que sais je encore…
Non, les dirigents africains doivent avoir une vision pour leurs économies pour les sortir de l’exploitation des matières premières dont les prix sont fixés par les consommateurs occidentaux. Nous devons tendre progressivement vers la transformation des produits vivriers pour la consommation intra africaine . Pour cela les structures de recherche doivent avoir toute l’attention des pouvoirs publics afin de créer des procédés pour augmenter la production des espèces agricoles et animales.
Les agriculteurs devraient être assistés pour que nous sortions de l’utilisation des houes et des machettes, pour adopter les tracteurs…
Ce sera le debut.
Laissons le problème de la zone franc, ayons une vision et mettons là en oeuvre. alors nous pourrons nous en sortir, même dans la zone franc!