La chine peut-elle faire chuter le dollar ?
14 juillet, 2009
Depuis quelque temps, la chine ne prend plus les gans pour critiquer le rôle dominant du dollar comme monnaie internationale. Tout récemment encore, lors du sommet du G8 en Italie en début juillet 2009, elle a réitéré son vœu, appuyé en cela par la Russie, dont le président Medvedev a estimé que le système dollar actuel est « plombé ».
Le statut du dollar comme réserve de valeur permet aux américains de prêter moins cher, et de vivre dans une quasi-insouciance. « Le dollar est notre monnaie, mais votre problème », s’est vanté un ancien Secrétaire au Trésor américain.
La chine a-t-elle vraiment les moyens de sa politique anti-dollar ?
Selon les dernières estimations du Fonds monétaire international (1er trimestre 2009), les réserves de changes mondiales sont constituées à 65% de dollars US, et la Chine dispose de près du tiers de celles-ci. Ainsi, sur les 2 200 milliards de dollars de réserves extérieures chinoises, 65% se trouvent être libellés en dollars !
La Chine se retrouve pris au piège du dollar. Si elle fait chuter le dollar, elle est la principale perdante. Si elle continue à détenir le dollar, elle risque gros à l’avenir. Que faire ?
1- Faire de la monnaie chinoise une devise internationale au même titre que le dollar. Pour cela, la Chine compte commencer par les transactions avec ses voisins asiatiques. Puis, elle a signé des accords de swap de monnaie avec les pays tels que l’Argentine, l’Indonésie, la Corée du Sud, etc.
2- Faire pression pour que les droits de tirage spéciaux (DTS) reprennent vraiment leur droit comme unité de compte et de réserve internationale.
Mais la Chine a encore du chemin à parcourir pour réussir. Elle devra libéraliser davantage son économie, afin de rendre les marchés des actifs en yuan plus liquides et plus transparentes. Le yuan devra nécessairement connaître les soubresauts de toute monnaie qui se veut internationale. L’économie chinoise est-elle vraiment à la hauteur. En outre, la monnaie étant le reflet de l’économie, c’est quand une économie est dominante que sa monnaie peut avoir la prétention de dominer. L’économie chinoise devra d’abord supplanter l’économie américaine avant de prétendre remplacer le dollar.
Pour beaucoup d’analystes, le dollar américain a encore de beaux jours devant lui. Mais gare à l’autosatisfaction !
Pour aller plus loin: The economist
Le G20 ébauche un plan mondial de lutte anti-crise
17 novembre, 2008
Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 s’en sont cependant largement tenus à Washington à des déclarations de principe. Ils s’en sont remis à leurs ministres des Finances pour mettre au point des mesures concrètes avant le 31 mars 2009, notamment en matière de régulation des marchés financiers.
Un nouveau sommet du G20, qui regroupe le G8, les principaux pays émergents et une demi-douzaine d’autres Etats, est prévu entre le 31 mars et le 30 avril, vraisemblablement à Londres.
“Il est logique de sortir de cette réunion avec un plan d’action ferme, ce qui est le cas. Il est aussi logique de dire (…) qu’il y a encore du travail à faire“, a déclaré le président américain George Bush après la réunion.
Son successeur, Barack Obama, qui ne prendra ses fonctions que le 20 janvier et n’a pas participé au sommet, a fait savoir qu’il soutenait les décisions du G20. George Bush a dit l’avoir “pleinement informé“.
Dans leur déclaration finale, les pays du G20 conviennent, face à la dégradation de l’économie mondiale, de la nécessité d’une “réponse politique plus large, fondée sur une coopération macroéconomique plus étroite, pour restaurer la croissance, éviter les retombées négatives et soutenir les économies des marchés émergents et des pays en développement.“
“Nous étions tous d’accord sur le fait que nous devions adopter une politique économique favorisant la croissance“, a expliqué George Bush.
Les pays du G20 en restent cependant là aussi à des principes généraux et laisse le soin aux différents gouvernements de mettre en place une politique adaptée à leur propre situation.
Ils s’engagent ainsi à “reconnaître l’importance du soutien que la politique monétaire peut apporter dans les conditions appropriées à chaque pays” et à utiliser des mesures budgétaires pour stimuler leur demande intérieure.
“C’est un message que nous envoyons aux marchés“, a jugé le président français Nicolas Sarkozy, qui avait lancé l’idée de ce sommet pour engager une refonte du système financier mondial.
L’HEURE DES PAYS ÉMERGENTS ?
Sur ce chapitre, le G20 s’engage à mettre en oeuvre des réformes pour renforcer la transparence du système financier et faire en sorte que “tous les marchés, produits et acteurs” de ce système “soient soumis à une régulation ou à une surveillance“.
Cette surveillance “stricte” s’étendra aux agences de notation, accusées d’avoir été un des facteurs de la crise.
Les pays du G20 promettent également de renforcer l’échange d’informations sur les institutions qui ne se conforment pas aux normes internationales en matière de secret bancaire et la lutte contre les paradis fiscaux et centres off-shore.
Ils s’engagent enfin à réformer les institutions financières internationales pour “qu’elles reflètent mieux l’évolution des poids économiques respectifs” des pays dans l’économie mondiale, en particulier des pays émergents, et soient plus efficaces.
Ces grands principes sont déclinés dans un plan d’action annexée à la déclaration commune, qui distingue des actions immédiates à mettre en place d’ici le 31 mars 2009, souvent très techniques, et des actions à plus long terme.
Les premières concernent par exemple l’harmonisation des normes comptables et de la définition des fonds propres des entreprises, la constitution de collèges de superviseurs pour renforcer la surveillance des entreprises transnationales ou la politique de rémunération afin de limiter les prises de risques.
“Concrètement, cela veut dire que les banques qui mettront en place des systèmes de rémunération qui encouragent la prise de risques inconsidérés seront dégradées dans les notations ou par les autorités chargées de les réguler“, a expliqué Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse.
Les actions à moyen terme concernent, par exemple, l’enregistrement des agences de notation ou la mise en place de mesures nationales et internationales “pour protéger le système financier international des juridictions non coopératives et non transparentes qui présentent un risque d’activité financière illégale“, c’est-à-dire paradis fiscaux et centres off-shore.
Enfin, le G20 juge “vital” de rejeter le protectionnisme.
L’Inde et le Brésil ont estimé que le G20 pourrait désormais constituer le forum le plus adéquat pour traiter des grands dossiers économiques mondiaux.
Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré que des instances comme le G7 (pays les plus industrialisés) ne répondaient plus aux réalités économiques mondiales.
“Le Brésil est parvenu à son objectif de solidifier le rôle du G20 comme lieu privilégié de décision sur le plan économique international“, a pour sa part dit le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega.
Avec Pascal Liétout pour www.LExpress.fr
Le G20 se mobilise face à la crise, première récession en zone euro
17 novembre, 2008
Les grands pays industrialisés et émergents (G20) vont s’efforcer d’apporter une réponse concertée à la pire crise financière depuis 1929, dont témoigne l’entrée officielle en récession de la zone euro, pour la première fois de son histoire.
Réunis en sommet vendredi soir à Washington, les pays du G20 ambitionnent de présenter un front commun face à la crise économique et de modifier les règles du jeu afin de prévenir de nouvelles débâcles financières.
Le G20 doit “répondre à la crise actuelle et jeter les bases de réformes pour empêcher qu’une telle crise ne se reproduise à l’avenir”, a expliqué le président américain George W. Bush, dont la marge de manoeuvre est toutefois limitée à deux mois de la fin de son mandat.
Le Produit intérieur brut (PIB) des 15 pays de la zone euro a baissé de 0,2% au troisième trimestre, après un recul de 0,2% au trimestre précédent, ce qui signale techniquement une plongée dans la récession, la première depuis 1999.
La détérioration de la conjoncture économique internationale, confirmée chaque jour par de nouvelles statistiques, accroît le sentiment d’urgence, même si le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, se plaît à relever “un début d’amélioration” sur les marchés du crédit.
A la Bourse de New York, de nouveaux indicateurs préoccupants ont plombé les cours: le Dow Jones a perdu 3,82% à 8.497,31 points après l’annonce d’une baisse de 2,8% des ventes de détail aux Etats-Unis en octobre, soit la plus forte baisse depuis 1992.
Les Bourses européennes ont terminé en hausse, mais en réduisant leurs gains en fin de séance. Londres a gagné 1,53%, Paris 0,67%, Francfort 1,31%, Milan 2,04% et Madrid 1,05%.
En Europe, l’Allemagne et l’Italie sont désormais en récession avec un recul au troisième trimestre de 0,5% de leur activité économique.
La France échappe pour l’instant de justesse à la récession, avec une faible progression de 0,1% de son PIB au troisième trimestre, après un recul de 0,3% au précédent.
L’Espagne aussi garde la tête juste hors de l’eau, malgré une baisse de 0,2% de son PIB, après une hausse de 0,1% au deuxième trimestre, de même que le Portugal qui a enregistré une croissance nulle au 3e trimestre.
Autre signe de la morosité des consommateurs, les ventes de voitures neuves en Europe ont plongé de 14,5% sur un an en octobre.
L’inflation est toutefois tombée à son plus bas niveau depuis neuf mois dans la zone euro à 3,2% sur un an, confortant la perspective d’une poursuite de la baisse des taux.
“Si l’analyse le permet, alors il n’est pas exclu que nous utilisions à nouveau cet instrument”, à savoir la baisse des taux directeurs, a déclaré Jürgen Stark, chef économiste de la Banque centrale européenne.
Le Japon pourrait à son tour rejoindre lundi la liste des pays entrés en récession, s’il annonce un recul de son PIB au 3e trimestre après une contraction de 0,7% au second.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit que le PIB de ses pays membres reculera de 0,3% du PIB l’an prochain, une récession qui frapperait aussi bien les Etats-Unis que la zone euro ou le Japon.
Face à l’ampleur de la crise, les Etats-Unis, très réticents au départ, veulent désormais que le sommet du G20 adopte “un plan d’action” pour une réforme du système financier international.
Le président américain a affirmé la nécessité de réformes du système financier mondial pour “l’adapter aux réalités du 21ème siècle”, tout en s’opposant à nouveau à tout excès interventionniste.
La Maison Blanche a confirmé que le G20 réfléchirait à la création d’un “collège de superviseurs” pour surveiller les 30 plus grandes banques du monde et repérer toute prise de risque excessive.
Le Fonds monétaire international (FMI) et le Forum de stabilité financière (FSF) se sont de leur côté engagés à renforcer leur coopération pour mieux prévenir l’apparition des crises, dans une lettre adressée au G20.
Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays exerce la présidence de l’Union européenne, a estimé que la réunion du G20 ne devait “pas être un sommet pour rien”. “(…)Il faut changer les choses, il faut les changer durablement, structurellement”, a-t-il déclaré.
Tout en espérant des “décisions concrètes”, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a averti qu’il ne fallait pas attendre “dans l’immédiat un miracle” de ce sommet, mais plutôt le “début d’un processus”.
De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé que le sommet donnerait lieu à des “entretiens difficiles”, tout en soulignant l’urgence de mettre en oeuvre les premières réformes “dans les prochains mois”.
Plus tôt dans la journée, Tokyo avait clôturé en hausse de 2,72% dans la foulée de Wall Street qui avait gagné 6,67% la veille. Shanghai a gagné 3,05% et Hong Kong 2,4%.
Sur le front financier, la banque Dexia, secourue fin septembre par les Etats français, belge et luxembourgeois, a annoncé une nouvelle perte d’”environ 1,5 milliard d’euros” liée à la vente de sa filiale FSA, quelques heures après avoir dévoilé une perte colossale de 1,54 milliard d’euros au 3e trimestre.
Le groupe américain de refinancement hypothécaire Freddie Mac, placé sous tutelle de l’Etat, a enregistré une énorme perte de plus de 25 milliards de dollars au troisième trimestre, ce qui l’a obligé à demander 13,8 milliards de dollars au gouvernement.
L’emploi paie un lourd tribut à la crise: la banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS) prévoit de supprimer 3.000 postes dans le monde dans les prochaines semaines, selon la BBC, et le groupe informatique américain Sun Microsystems a annoncé la suppression de 5.000 à 6.000 postes.
Le constructeur allemand Opel, filiale de l’américain General Motors, a demandé aux autorités allemandes de se porter caution pour assurer son financement.
Les prix du brut repartaient en nette baisse à New York, malgré la confirmation d’une réunion d’urgence de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) fin novembre. Le baril a fini à 57,04 dollars, en baisse de 1,20 dollar.
Source: AFP
Le Japon entre en recession
17 novembre, 2008
Plombé par une forte diminution des investissements des entreprises, le PIB japonais a reculé de 0,1% par rapport au deuxième trimestre, et de 0,4% en rythme annuel, a annoncé le gouvernement.
Au deuxième trimestre, le PIB s’était déjà contracté de 0,9% par rapport au trimestre précédent, selon des chiffres révisés également publiés lundi.
Les économistes s’attendaient en moyenne à une petite progression de 0,1% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent et de 0,2% en rythme annuel, selon un sondage réalisé par le quotidien Nikkei auprès de 22 d’entre eux.
Source: AFP