C’est vendredi 05 août 2011 que la bombe a été lâchée par S&P: elle a annoncé la baisse de la note de la dette souveraine américaine de la très convoitée AAA à AA+. Comme si cela ne suffisait pas, l’agence de notation a indiquée qu’elle mettait la dette américaine dans une perspective négative.

C’est une nouvelle à couper le souffle. Comment la première puissance économique et militaire du monde peut voir sa signature dégradée par une agence de notation privée? Du coup, les critiques ont fusé, en commençant par le Trésor américain, qui a mis en doute les chiffres sur lesquels S&P s’est basé: une erreur d’environ 2.000 milliards de dollars US. Erreur reconnue par S&P qui a tout de suite indiquée que son évaluation tenait plus compte du risque politique que sur les fondamentaux économiques. Encore que…

Tous les pays en dévellopés ont annoncé leur soutien à Washington, à l’exception notable de la Chine qui en a profité pour égratigner Uncle Sam en lui demandant de ne pas vivre au dessus de ses moyens. Réaction tout aussi plus politique qu’économique.

1- Quelques rappels

Les Etats Unis font face à ce qu’on appelle en économie les déficits jumeaux: déficit de la balance commerciale et déficit budgétaire.

Le déficit de la balance commerciale n’inquiète pas les USA, car étant émettrice de la monnaie de transactions internationales et réserve de valeur pour la majorité des pays du monde, il n’y a pas de risque de crise de la balance des paiements. Simplement dit, les USA n’auront jamais un problème de devises étrangères pour payer à l’étranger. Donc le problème de déficit commercial a simplement un impact sur l’économie réelle. Achetant plus les biens produits à l’étranger (majoritairement en Chine), le pays n’arrive pas à vendre davantage les biens produits sur son sol à l’étranger. Les emplois se raréfient, le chômage grimpe et la consommation baisse, plombant la croissance.

Pour soutenir certains secteurs de l’économie tout en même temps finançant certains programmes sociaux, l’Etat est obligé d’intervenir financièrement, creusant du même coup le déficit budgétaire. Jsuqu’alors, l’Etat émettait des obligations qui étaient acheté par les étrangers (les Chinois surtout) et les intérêts servis sur cette dette était moins chère. Les USA étant crédibles, on ne doute pas qu’ils puissent rembourser un jour. D’où la notation de AAA sur la signature de l’Etat américain. Jusqu’au 05/08/11.

2- Qu’est ce qui est l’element déclencheur

C’est l’election de Brack Obama à la Maison Blanche qui est, à notre avis, à l’origine de cette perte de confiance en la capacité des USA à honorer leurs engagements. L’atitude du Congrès pour le relèvement du plafond de la dette est le reflet flagrant du mépris des Républicains pour celui qu’ils qualifient de Noir!

La montée en puissance des Tea Party est la conséquence de ce sentiment latent chez les adultes américains.

Car comment comprendre que cela Clinton a fait sans problème, et que Bush a réalisé sans souci fassent autant de bruit? Le relèvement du plafond de la dette s’est toujours effectué sans anicroche. Cela n’a pas été le cas cette fois: voilà le résultat!

S&P a indiqué que bien que la dette à long terme des USA était dans une trajectoire inquiétante, ce n’est pas cela qui le véritable problème. Car selon cette agence, si le relèvement du plafond commence à poser problème aujourd’hui, il pourra bien arrivé un jour où les deux parties politiques (Démocrates et Républicains) ne font pas s’entendre et ce sera le défaut de paiement. C’est ce qui a risqué se passé si les deux parties ne s’entendaient avant le 02 août 2011.

3- Quelques conséquences

La première conséquence est que les USA doivent descendre de leur piédestal. Ils doivent faire face aux vrais problèmes de leur économie, qui est en perte de vitesse.

La deuxième conséquence est que le monde est entrain de se rendre compte qu’elle est hyperdépendante des USA. A l’heure actuelle, il n’y a aucune alternative crédible au dollar américain, encore mois aux Bons du Trésor Américains.

La troisième conséquence est la prise de conscience des Européens sur le rôle qu’ils ont à jouer sur l’échiquier économique mondial. Que l’Allamagne mette un peu de côté ses leçons de moral pour aider les pays européens en difficultés. Ce n’est pas le moment de donner les leçons de rigueur budgétaire aux pays laxistes (PIIGS). L’euro devrait être une alternative, mais ce n’est pas encore le cas.

4- Quelques leçons

Le dollar américain a encore de beaux jours devant lui. Une monnaie internationale ne se décrète pas. Ce sont les réalités économiques qui priment. Le dollar US représente environ les 2/3 des réserves mondiales. Il represente la même proportion comme monnaie de facturation des transactions internationales. Certes, l’euro monte en puissance. Mais la récente crise de la dette souveraine des pays européens a mis du bémol sur l’espoir placé en cette monnaie.

Le yuan chinois, bien que progressant dans les transactions entre la Chine et d’autres pays du Tiers Monde, n’a ni l’ossature, ni les qualités d’une monnaie pouvant remplacer le dollar.

Le dollar US est une monnaie certes, mais c’est aussi une économie et une culture. Une économie diversifiée, capable de rebondir à tout moment. Une économie qui attire les meilleurs dans le monde entier avec une politique d’immigration plus favorable.

C’est aussi une culture de consommation, de vie par l’endettement, donc de création de la monnaie. On ne devient pas une monnaie internationale avec une population qui épargne à outrance. Comment le marché international de cette devise sera t-elle approvisionné s’il n’y aps création monnaie au niveau national?

En somme, cette étape est une tornade dans un verre d’eau. Il n’y a pas d’alternative ni pour les bons du Trésor américain, ni pour le dollar. Dans quelques mois, ce sera du business as usual. Parions que S&P va revenir sur sa décision dans moins de six moins. Mais au moins, les USA et le monde aura peut-être compris qu’on ne met pas tous ses oeufs dans un même panier.

A t-on vraiement le choix. Lait’s wait ans see.

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