Impact de la crise des subprimes sur les économies de la CEMAC

16 juillet 2008

Au début de l’année 2008 (seconde moitié de l’année 2007), les Etats Unis ont été frappés par une crise des subprimes, dont les conséquences n’ont pas encore finis de se faire ressentir dans cette économie.
Faut-il le rappeler, les “subprimes” constituent des “sur-primes” que doivent payer  les agents économiques américains qui présentent moins de garantie pour (principalement)
acquerir un prêt immobilier. Ainsi, les primes de risque elévées appliquées à cette partie de la clientèle impliquent qu’à l’arrivée, ils se retrouvent à payer les traites beaucoup plus fortes
que les clients les moins risqués. Le système marchait tant que l’économie allait bien. Le client soumis au sur-prime pouvait, quand il est incapable de payer ses dettes, revendre sa maison à un prix qui lui permet de payer sa dette à la banque et parfois de faire un profit. Il peut se réendetter auprès d’une autre structure de prêt toujours aux mêmes conditions défavorables. Puis, la crise est arrivée. Les cleints sont devenus insolvables.
Ces derniers sont incapables de trouver des preneurs pour revendre leurs maisons, ou quand ils en trouvent, on leur propose des prix qui ne leur permettent pas de rembourser leurs prêts. Les clients ne remboursant pas aux prêteurs, ces derniers se
retrouvent avec des créances irrecouvrables (créances douteuses ou compromises). Ces structures entre temps ont vendu à d’autres strutures d’emprunt les créances de ces prêts, pour se couvrir d’une partie du risque (mutualisation du risque).
L’effet de chaine s’enclenche, où beaucoup de structures bancaires se retrouvent avec des créances douteuses: c’est le risque systémique du système bancaire parcequ’il manque de liquidité. D’où l’intervention du preteur en dernier ressort qui est la
Banque centrale américaine (Federal Reserve Bank ou FED).

Pour sauver le système bancaire américain, la FED a injecté des milliards de dollars, puis a fait appel aux autres banques centrales pour une action coordonnée.

Cette crise a entrainé la baisse du dollar vis-à-vis de l’Euro (près de 7% depuis le début de l’année 2008), et mécaniquement l’appréciation du F CFA (arrimé à l’Euro par une parité fixe de 1€=655,957 FCFA). Cette baisse du dollar
entraine un rencherissement du prix du baril du pétrole (progression de plus de 30% depuis le debut 2008), principal produit d’exporation des pays de la CEMAC

Mais en quoi cette situation peut influencer les économies de la CEMAC?

La crise des sub-primes peut influencer les économies de la CEMAC sous deux angles, à savoir par le commerce extérieur et l’inflation.

1- Par le commerce extérieur

Cinq  pays sur six (6) de la CEMAC sont exportateurs de pétrole. Seule la République Centraficaine n’est pas encore dans le club des exportateurs.
Un accroissement des prix du baril ameliorent les recettes budgétaires des Etats, surtout si la baisse du dollar est moins forte pour ne pas absorbé les gains sur l’appréciation du prix du baril. En effet, les cours du baril sont facturés en dollar américain.
A titre d’exemple, si les prix augmentent de 30% et le dollar baisse de 7% par rapport à l’Euro, le gain  en recettes d’exportation est de 23% (toutes choses égales par ailleurs). Cependant la RCA voit sa facture pétrolière s’alourdir du fait du rencherissement du prix du pétrole.

En outre, la baisse du dollar allège la valeur des importations en provenance de tous les pays dont la facturation se fait en dollars américains. Cette situation peut donc encourager les importations des pays de la CEMAC. L’effet économique est différent selon que ce sont des importations des biens de consommation ou des biens d’équipement. La meilleure hypothèse serait que les pays de la CEMAC en profitent pour effectuer des importations des biens d’équipement qui viendraient renforcer leurs capacités productives.
Les pays de la CEMAC exportateus de pétrole seraient donc doublement bénéficiaires par une croissance des recettes d’exporations et un allègement des importations libellées en dollars. Cependant une telle situation n’est pas sans conséquence sur l’inflation et la valeur extérieure de la monnaie.

2- Par l’inflation

Une abondance de recettes d’exportation se ressent par des excédents budgétaires qui peuvent pousser les Etats indisciplinés à lancer des grands projets. Ceux-ci augmenteraient la demande face à une offre insuffisante. C’est l’inflation qui naitrait dans ces conditions. En outre, le rappatriment des
recettes d’exportation par le canal bancaire accroit sensiblement la liquidité des banques, créant une situation de surliquidité, elle même provocatrice d’inflation.
Cette inflation peut aussi être importée à travers nos partenaires économiques européens. Les cours des hydrocarbures ont un impact sur les prix des biens. Une inflation née dans ces pays se repercutent dans les pays de la CEMAC par les importations.
Pour lutter contre cette inflation (d’origine interne ou importée), la Banque Centrale est obligée de resserrer sa politique monétaire par l’augmentation des taux directeurs et par l’accroissement des reserves obligatoires. Ces mesures visent à décourager les banques à octroyer des crédits qui alimenteraient les dépôts.
Ce sont ces dépôts qui sont une des composantes de la masse monétaire, dont une forte croissance entraîne l’inflation. Ainsi, en luttant contre l’inflation, la Banque Centrale restreint les crédits à l’économie qui pourtant sont créateurs d’emplois. On peut ainsi aboutir à une recession économique, du fait de la lutte contre l’inflation.

En conclusion, le comportement d’un client américain peut avoir des conséquences heureuses ou malheureuses sur un africain de la CEMAC à travers les relations économiques et monétaires directes et indirectes entre les Etats.

6 Responses to “Impact de la crise des subprimes sur les économies de la CEMAC”

  1. Romain Ninwowo Says:

    je suis ébloullit par cette aproche analytique qui laisse paraitre une oportunité pour nous pays producteur de pétrole en l’afrique centrale de pouvoir saisir cette occasion pour fais mieux encore pour le développement de notre raigion toute entière! mais j’aimerai savoir quels impact a de façon direct ou indirect la baisse du cours du dollars sur nos marchés boursiers en afrique!

    Romain ninwowo étudiant Camerounais en finace compta au Sénégal

  2. azojeca07 Says:

    Bonjour mon cher Romain,

    Bonne chance pour tes études de finance compta au Sénégal. Merci pour l’intérêt porté sur le sujet.

    Les pays africains sont, dans beaucoup de domaines, quasiment déconnectés du reste du monde. Dans le commerce mondial, l’Afrique represente moins de 5% des échanges mondiaux. Dans l’attrait des investissements étrangers directs (IED), cette partie du monde ne fait guerre mieux, moins de 3% hors Afrique du Sud et Maghreb. Sur le domaine boursier, je n’ai pas les chiffres, mais on pourrait aisément imaginer que la capitalisation boursière cumulée de toutes les bourses africaines peut à peine atteindre 10% de celle de la bourse de New York. Cette situation est due au dégré de developpement des pays africains. Car les actifs financiers ne sont que le reflet des actifs physiques.

    Pour revenir à ta question à savoir quel peut être l’impact direct ou indirect de la baisse des cours du dollar sur nos marchés, l’impact peut être direct si les entreprises cotées sont touchées par le commerce extérieur ou si elles ont les créances ou les engagements en dévises. Cet impact sera indirect si les propriétaires des actions des entreprises cotées veulent aller saisir des opportunités qu’offrent les bourses dont les sociétés sont cotées en dollar.

    1- Effet direct des cours du dollar sur les bourses africaines.

    Notons de prime à bord qu’il y a deux sous-cas qui se presentent. Les bourses des pays à parité fixe (Zone Franc) et les bourses des pays à parité flottant. J’insisterai sur les pays de la Zone Franc. Toute baisse du dollar vis-à-vis de l’euro, entraine mécaniquement une appréciation du F CFA vis-à-vis dollar. Si une entreprise cotée en bourse a des créances libéllées en dollars, la richesse potentielle augmente, ce qui peut faire grimper le cours de ses actions en bourse. A contrario, si cette entreprise a des engagements en dollars, sa dette potentielle augmente, et ses actions en bourse peuvent chuter. Tout depend du poids et du nombre d’entreprises qui sont exposées en dollars américains dans le marché primaire de la bourse; son indice boursier s’en ressentira.

    Pareillement, les entreprises cotées en bourse dont les intrants sont facturées en dollars connaitront des difficultés et leurs actions peuvent subir un coup. En revanche, celles qui exportent en dollars seront compétitives et leurs quantités exportées peuvent s’accroitre, entrainant les cours des actions à la hausse en bourse.

    Sous un autre angle, si un Etat de la Zone Franc voit la valeur de sa dette extérieure diminuée suite à une dépréciation du dollar, les obligations et/ou les bons du Trésor de cet Etat seront prisés au détriment des actions dont les cours chuteraient.

    2- Effet indirect des cours du dollar sur les bourses africaines.

    Les détenteurs d’actions des bourses africaines peuvent les delaisser pour aller profiter des opportunités offertes par les actifs financiers libellés en dollars. Un africain peut decider d’acheter les bons du Trésor américains qui deviennent moins chèrs, et qui sont plus sûrs que les actions des entreprises cotées dans les bourses africaines.

    En bref, voilà quelques pistes de reflexion sur la question posée. J’espère que tu pourras approfondir les recherches pour en savoir davantage.

    Bonne journée.

  3. Nina Welakwe Says:

    Merci pour cette analyse très pertinente et très enrichissante!
    Il y’a quelques jours sur mon blog j’ai publié un article qui ouvre un brèche sur l’opportunité de cette crise pour l’Afrique: http://ninastyle.over-blog.com/article-26582241.html

    Best regards

  4. azojeca07 Says:

    Bonjour Nina,

    j’ai lu avec intérêt ton analyse de la crise financière. J’ai été impressionné par tes vues. Malheureusement, les problèmes techniques du serveur de l’hebergeur de ton blog ne m’ont pas permis de laisser un message. J’y reviendrai certainement.
    Bravo pour ton blog!

  5. DEFO Giresse Says:

    je m’informer


  6. “I noticed that the majority, if not all, from the african-american students at my university commencement wore a particular type of stole. I did a a few of analysis and identified out that its known as a Kente stole. However, I was questioning if any you knew the historical background and purpose in the stole? Also, do graduates buy the stole for themselves or is it granted by the Office of Minority Pupil Affairs? I was perplexed as to the historical past, purpose, and distribution of your stole since I observed from my friend’s recent 2010 commencement, that just about everyone also had on the similar Kente stole, which includes non-minority professors and college students. Can anybody inform me additional about the Kente stole? ”

    ———————-
    Toronto


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